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Là, je me souviens…

Vous trouviez le Québec politiquement amorphe? Rassurez-vous, il y a encore quelques gouttes de passion qui coulent dans nos veines. Avouez que le Moulin à paroles nous offre quand même une belle empoignade. Pour observer autant de ferveur, il faut remonter au référendum de 1995, ma foi.

Au moment où on se fend en mille pour réhabiliter Duplessis dans notre mémoire collective, on ne pouvait pas trouver mieux pour illustrer le bâillon des temps anciens. Ça doit faire un méchant bail qu’un gouvernement d’ici a refusé de redistribuer de l’argent sous prétexte que les discours éventuellement prononcés dans un spectacle pourraient ne pas faire son affaire. À cet égard, les nationalistes ne pouvaient guère mieux demander pour pomper leurs troupes.

De l’autre côté, on a l’impression que le gouvernement Charest «fait semblant» d’être choqué dur-dur par l’événement. Si le malaise avait été vraiment sérieux, pensez-vous sincèrement que c’est à Sam Hamad que l’on aurait confié la sale besogne d’annoncer le refus de subventionner la chose? Quand je vois les porte-parole de la soirée qui lui réclament des excuses, je me dis qu’on accorde décidément beaucoup d’importance à un ministre de classe C qui a dû se taper la permanence d’été au bureau. L’événement a-t-il sa raison d’être? Oui, tout rassemblement de nature politique est incontestable. Mérite-t-il autant d’attention? Pour le moment, c’est difficile à dire puisque c’est surtout (uniquement) à la lecture du Manifeste du FLQ que l’on s’attarde. Nommez-moi cinq autres textes qui seront lus…

Le Manifeste du FLQ est un texte important de notre histoire, ça, tout le monde devrait s’entendre là-dessus, peu importe son attachement à la fédération canadienne. Mais de là à dire que le contenu du texte est édifiant, pas sûr… Relisez-le et vous constaterez vous aussi la minceur de sa rhétorique et, surtout, la stupéfiante simplicité de ses arguments. Quarante ans plus tard, la démonstration est cruelle : on se rappelle davantage du chapelet d’insultes lancées aux politiciens que le projet proposé. Sans vouloir être méchant pour ses auteurs, ils étaient bien jeunes dans le temps. Le texte ressemble davantage à un travail de sciences politiques de niveau cegep. Et pas un grand exposé, si vous voulez mon avis. C’est plate, mais c’est ça qui est ça…

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