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Hot dogs, bâtisses et cie…

Ce week-end dans La Presse, on se questionnait sur l’avenir de ce qu’il reste du Red Light sur Saint-Laurent. Le Quartier des Spectacles, on le sait, s’amène subtilement dans le coin en chaussons de ballet munis de pointes de béton. Entre nous, c’est la plus belle chose qui peut arriver à ce bout d’urbanité merveilleusement bien situé et pourtant si horriblement sous-exploité depuis des lunes.

Évidemment, il n’en fallait pas davantage pour exciter nos valeureux courtiers en valeurs patrimoniales et autres empêcheurs de tourner en rond. Les voilà qui se mettent à agiter leurs mouchoirs bien haut pour alarmer la population pour que soit préservée l’intégrité (!) de ce quartier qu’ils placent toujours bien haut sur la liste des joyaux municipaux.

Ces «patrimonieux», qui du haut de leur lucarne mélangent hot dogs et autres maçonneries typiques du coin dans leur discours ému, n’ont pas l’air de se rendre compte que la Main qu’ils défendent n’existe que dans leur tête. Ça fait un méchant bout que l’inénarrable Montréal Pool-Room a perdu son statut de «montréalité incontournable» et que les sympathiques mafiosi en souliers de cuir patent blancs ont été remplacés par une horde de junkies pitoyables. D’ailleurs, qui prend le temps de s’attarder au sort de ceux qui titubent jour et nuit sur ces trottoirs?

Si on espère revivifier le quartier et attirer des nouveaux clients dans le secteur, va falloir s’occuper de ces malades qui égrènent dans le coin le peu de vie qu’il leur reste à vivre. C’est quand même étrange de constater à quel point certains sont prêts à se mobiliser pour le destin immobilier du quartier alors que personne ne souffle jamais un traître mot à propos des malheureux qui y survivent avec tant de peine.

Dans sa réalité contemporaine, la Main n’est guère devenue autre chose qu’une piquerie à ciel ouvert. Et ça, c’est bien plus important que n’importe quelle considération teintée d’angélisme à propos des vieux bâtiments du coin qui n’ont même plus rien d’original.

C’est drôle de voir combien les yeux nous roulent dans l’eau quand on regarde un vieux building en ruine qui est sur le point d’être démoli. En autant que les sans-abri se tassent du chemin pour qu’on puisse le voir un peu mieux…

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