PMAD: Québec s'entend avec les Villes
Le gouvernement a rendu un avis favorable au Plan métropolitain de développement urbain (PMAD) qu’avaient adopté 82 municipalités en décembre dernier.
Cet avis de conformité était la dernière étape avant la mise en vigueur du plan de développement de la Grande région de Montréal pour les 20 prochaines années. «Il s’agit d’un outil de planification», a déclaré hier Laurent Lessard, ministre des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire. Avec ce plan, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) établit des objectifs en matière d’aménagement, d’environnement et de transport.
Par exemple, 40 % de la croissance des villes sera concentrée dans un rayon d’un kilomètre des réseaux de transport en commun. Les municipalités se donnent aussi pour objectif d’augmenter à 30 % la part des déplacements en transport en commun à l’heure de pointe d’ici 2021. Finalement, le CMM entend protéger 17 % du territoire du Grand Montréal, aussi appelé la trame verte (bois, corridors forestiers et milieux humides).
Si la plupart des acteurs de la société civile et des élus ont salué la mise en vigueur du plan, plusieurs attendent maintenant impatiemment des actions concrètes. «Le travail fait juste commencer», a souligné le maire de Montréal et président de la CMM, Gérald Tremblay.
«Une des clés du succès de ce PMAD sera les choix financiers du gouvernement du Québec en termes de transport collectif», a indiqué le Conseil régional de l’environnement de Montréal.
Des investissements de 23 G$ doivent notamment être faits pour développer les infrastructures de transport collectif. Québec a annoncé qu’il investira 12 G$.
M. Tremblay a rappelé qu’une consultation publique sur le financement du transport en commun dans le Grand Montréal se tiendra en avril et en mai. M. Lessard n’a pas confirmé si des péages ou une augmentation de la taxe sur l’essence étaient envisagés. Il a cependant indiqué que le financement ne pourrait venir uniquement du gouvernement.
TRANSIT, l’Alliance pour le financement des transports collectifs au Québec, se dit pour sa part surtout inquiète de la protection du territoire. «Il y a très peu de mentions de la façon dont on va
protéger les milieux naturels, a dit Karel Mayrand, directeur pour le Québec de la Fondation David Suzuki, qui est membre de l’alliance. Où seront les 17 % de boisés protégés? Personne ne veut les avoir chez soi.»
TRANSIT publiera une étude sur l’impact et l’importance des trames vertes le 22 mai prochain.
Un projet d’envergure
La région métropolitaine de Montréal couvre un territoire de 4 360 km2 où vivent plus de 3,7 millions de personnes. Cela représente :
- 49 % du PIB québécois;
- 49 % de la population du Québec;
- 49 % de l’emploi;
- 32 G$ de revenus pour le gouvernement du Québec.