La péréquation est un enjeu électoral, selon Wall
WASKESIU, Sask. — Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, affirme ne pas être d’accord avec le chef conservateur, Stephen Harper, au sujet de la péréquation.
M. Wall, dont le parti politique a des racines conservatrices, tente de faire du programme de 17 milliards $ dans le cadre duquel Ottawa verse de l’argent aux provinces les plus pauvres, un enjeu électoral.
Or, M. Harper a déclaré que la péréquation n’était pas une question importante aux yeux des électeurs et que Brad Wall ne devrait pas s’en préoccuper.
«Si on ne peut pas discuter de certains de ces sujets durant des élections fédérales, quand peut-on le faire? Alors, sur ce point, je ne suis pas d’accord avec le premier ministre», a indiqué Brad Wall, vendredi, après une réunion de son cabinet dans le nord de la Saskatchewan.
«C’est un programme de 17 milliards $ et nous allons avoir des élections fédérales, alors je pense que c’est un sujet qui devrait au moins faire l’objet d’une discussion au cours de cette campagne», a-t-il poursuivi.
Il a fait remarquer qu’aucun autre parti fédéral n’avait abordé cette question.
La péréquation est un programme garanti par la Constitution qui aide les provinces les plus pauvres à fournir des services gouvernementaux tout en maintenant des taux d’imposition semblables à ceux de leurs voisines mieux nanties.
Le gouvernement fédéral calcule les revenus de chaque province et s’assure que les plus pauvres atteignent la moyenne nationale.
La Saskatchewan est considérée comme une province riche et ne bénéficie donc pas de la péréquation. La province qui reçoit le plus d’argent en vertu de ce programme est l’Île-du-Prince-Édouard, qui touche environ 1980 $ par personne.
Le premier ministre saskatchewanais a proposé que le gouvernement fédéral réduise les paiements de péréquation et consacre l’argent économisé à des projets d’infrastructure partout à travers le pays.
Il a répété à maintes reprises que la formule utilisée par Ottawa pour calculer les revenus provenant de l’hydroélectricité sous-estimait la richesse générée par cette industrie dans les provinces comme le Québec et le Manitoba, leur permettant ainsi d’obtenir des paiements de péréquation plus élevés.
Brad Wall s’en est aussi pris aux opposants à l’oléoduc Énergie Est, affirmant le mois dernier que le projet serait peut-être approuvé plus rapidement dans le centre du Canada si le pipeline acheminait aussi les paiements de péréquation.
Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a soutenu que les récents propos de M. Wall ne serviraient qu’à semer la discorde entre les provinces.