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Michèle Audette consciente du défi dans Terrebonne

OTTAWA — L’une des candidates-vedettes du Parti libéral du Canada (PLC), Michèle Audette, se présente dans la circonscription de Terrebonne où la pente s’annonce extrêmement dure à remonter pour sa formation.

L’ex-présidente de l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) ne sera donc pas restée hors du giron libéral bien longtemps, elle qui avait échoué à se faire désigner candidate dans la circonscription de Manicouagan en mars dernier.

Michèle Audette a accepté d’être parachutée dans cette circonscription de la région montréalaise située à environ 900 km de son lieu de résidence, la réserve Maliotenam, près de Sept-Îles. Et elle est consciente que ce parachutage sera possiblement un sujet de discussion.

«Les gens pourront dire ça, et je ne suis pas la première, ni la dernière. Mais il n’y en avait pas, de candidat. (…) Donc il y avait le risque de laisser une circonscription orpheline (pour le PLC)», a-t-elle fait valoir en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, vendredi.

Celle qui milite depuis des années pour les droits des femmes autochtones reconnaît que ses rivaux ont une longueur d’avance sur elle, ayant eu le temps de prendre connaissance des enjeux de la circonscription.

Mais la longue campagne électorale a ceci de positif qu’elle lui permettra de rattraper le temps perdu, selon elle. «Il reste deux mois dans la campagne, et je vais profiter de cette longue période-là pour être sur le terrain», a plaidé Mme Audette.

La nouvelle candidate libérale sait tout aussi pertinemment qu’elle n’aura pas la tâche facile dans Terrebonne: aux dernières élections de mai 2011, le PLC était arrivé en quatrième position avec un famélique appui de 8,5 pour cent des électeurs.

La députée sortante néo-démocrate Charmaine Borg avait largement eu le dessus sur ses adversaires, récoltant 49,3 pour cent des voix. Suivaient le Bloc québécois (30,8 pour cent), puis le Parti conservateur (9,1 pour cent).

«J’ai vu ça, oui. Mais ce n’est pas ça qui me fait peur, sinon j’aurais dit non. Je vais prendre ça un jour à la fois, je vais rester constante et je serai très présente», a-t-elle assuré à l’autre bout du fil, alors qu’elle était en route vers Terrebonne.

Ce retour peut sembler étonner si l’on considère que Mme Audette a accepté en mai dernier un mandat à l’École nationale d’administration publique (ENAP). Mais visiblement, c’était pour mieux revenir.

Elle était restée «très proche» de l’équipe libérale, participant notamment à l’élaboration de la promesse faite par Justin Trudeau d’investir 2,6 milliards $ sur quatre ans faite pour améliorer le système d’éducation des Premières Nations, de la maternelle à l’école secondaire.

On avait bien tenté de la recruter ailleurs: des militants conservateurs et néo-démocrates de la Côte-Nord, de même que le parti Forces et démocratie, lui avaient chanté la pomme. Mais ce fut en vain, relate la principale intéressée.

«J’ai trouvé ça très gentil, mais je leur ai dit: ‘Ben non, justement, si j’ai voulu embarquer dans l’équipe libérale, c’est pour faire en sorte qu’on n’ait plus le Parti conservateur au pouvoir’», a-t-elle résumé à l’autre bout du fil.

Les conservateurs sont représentés par un candidat connu du public dans Terrebonne: Michel Surprenant, ancien président de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD).

Il est le père de Julie Surprenant, disparue depuis plus de 15 ans, et l’ami personnel du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu.

Le candidat du Bloc québécois est Michel Boudrias, militaire et ex-président syndical d’usine.

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