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Mulcair veut impressionner Bay Street, dit Duceppe

OTTAWA — Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair cherche à plaire aux bonzes de Bay Street en promettant d’équilibrer le budget «coûte que coûte», accuse le leader bloquiste Gilles Duceppe.

Cet engagement illustre en outre que le «vieux fond libéral» de M. Mulcair commence à «refaire surface», selon le chef du Bloc québécois, qui était de passage à Baie-Comeau, mercredi.

«Quand il dit qu’il tient absolument à l’équilibre budgétaire, c’est une position identique à celle qu’on entend à Bay Street», a-t-il exposé.

Et en réitérant cette promesse alors même que soufflent des vents économiques contraires, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) montre que sa couleur est celle de l’«austérité», a raillé M. Duceppe en entrevue téléphonique.

«Donc, on doit s’attendre à des mesures d’austérité alors qu’on est à la veille, peut-être, malheureusement, d’une récession. Ce n’est pas ce qu’il faut faire, parce ce que ça va amplifier les effets de la crise économique», a-t-il regretté.

Le leader bloquiste juge que l’avenue de l’austérité déplaira aux Québécois.

Car ces derniers goûtent déjà à cette médecine sous le gouvernement de Philippe Couillard, qui a procédé à d’importantes compressions pour renouer avec l’équilibre budgétaire.

«Je pense que les syndiqués et la population des classes laborieuses du Québec ressentent les politiques néfastes de M. Couillard, et M. Mulcair promet de faire exactement la même chose», a-t-il fait valoir.

M. Duceppe promet de présenter sous peu un plan complet d’investissement fédéral dans les infrastructures «qui permettra de relancer l’économie dans toutes les régions du Québec».

Il s’est par ailleurs dit préoccupé par le fait que le chef conservateur Stephen Harper soit demeuré muet sur la question de la gestion de l’offre lors d’un arrêt de campagne dans une localité rurale de l’Ontario.

«S’il n’en parle pas, c’est inquiétant», a suggéré le chef bloquiste.

Le système canadien de gestion de l’offre, qui limite l’entrée de volaille et de produits laitiers importés au pays, a ressurgi dans l’actualité dernièrement.

Les représentants des 12 pays impliqués dans l’accord de libre-échange du Partenariat transpacifique (PTP) n’ont pu en venir à une entente à l’issue de leur dernière rencontre à Hawaï, il y a quelques semaines.

«Le Canada était sur le point de laisser tomber des pans de la gestion de l’offre. Ce qui a empêché la signature du traité, c’est l’entente sur l’automobile entre le Japon et les États-Unis, qui aurait nui énormément au secteur de l’automobile en Ontario», a dit M. Duceppe.

Le système canadien de gestion de l’offre est un enjeu crucial pour les producteurs du Québec et de l’Ontario. Un assouplissement des règles en vigueur dans le cadre de cette entente susciterait assurément une levée de boucliers des producteurs de lait, d’oeufs et de volaille.

La conclusion du PTP mènerait à la création d’une immense zone de libre-échange couvrant 40 pour cent de l’économie mondiale. Le chef conservateur Stephen Harper a souvent dit que le Canada «ne pouvait pas être tenu à l’écart de ce type d’entente commerciale».

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