Aide à mourir: le NPD pourrait demander un délai
OTTAWA — Un gouvernement néo-démocrate devrait vraisemblablement demander plus de temps à la Cour suprême pour pondre la nouvelle loi sur l’aide médicale à mourir, a laissé entendre vendredi le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD).
De passage à Edmonton, Thomas Mulcair a assuré qu’il ferait de son mieux pour respecter la date limite imposée par la cour, qui a invalidé la loi interdisant l’aide médicale à mourir et donné un an au Parlement pour en soumettre une nouvelle. M. Mulcair a toutefois souligné que ce serait «extrêmement difficile» et qu’il se pourrait qu’il demande un délai supplémentaire.
«J’espère que non, mais on a perdu et gaspillé tellement de temps, c’est une possibilité. C’est la réponse la plus honnête que je puisse donner», a affirmé M. Mulcair.
Il a ajouté qu’il permettrait un vote libre au Parlement sur le nouveau projet de loi, étant donné la teneur très délicate du sujet.
Il a aussi félicité le Québec pour la création d’un comité bipartite qui a parcouru la province pour étudier la question de la mort assistée.
En février dernier, le plus haut tribunal du pays a invalidé la loi sur l’aide médicale à mourir, affirmant qu’elle contrevenait à la Charte des droits et libertés. Le jugement reconnaissait le droit aux adultes vivant d’intolérables souffrances physiques ou mentales, en mesure de prendre une décision en toute connaissance de cause, de décider de mettre fin à leurs jours avec l’aide d’un médecin.
En juin dernier, le gouvernement Harper avait mis sur pied un comité d’experts qui mènera des consultations avec des Canadiens et des intervenants du milieu pour l’aider à élaborer une nouvelle loi.
Par ailleurs, M. Mulcair a vanté les mérites de son programme de dépenses pour le transport en commun et les infrastructures municipales. Il a soutenu que ces dépenses sur 20 ans pourraient aider Edmonton à construire 40 kilomètres de son système de train léger et à acheter 100 wagons et 100 autobus.
Le NPD promet des investissements de 1,3 milliard $ sur 20 ans, mais le parti a admis qu’il ne s’agirait pas entièrement de nouveau financement. Les conservateurs et les libéraux ont également promis de financer les infrastructures municipales.
Plus tôt en journée, Thomas Mulcair avait assuré qu’il ne serait pas gêné d’expliquer aux alliés du Canada qu’il se retirerait immédiatement de la mission militaire en Irak et en Syrie si le NPD était porté au pouvoir à Ottawa.
Le Canada participe actuellement à la mission américaine dans la région en prêtant des avions et en déployant des militaires pour l’entraînement des forces kurdes. M. Mulcair couperait court à cette implication militaire si le NPD était élu le 19 octobre.
En point de presse, il a indiqué qu’il expliquerait à notre allié américain que l’approche canadienne serait de se concentrer à travailler fort pour stopper le flux «d’armes, de fonds et de combattants étrangers» dans la région.
Il a insisté sur l’importance de signer le Traité sur le commerce des armes des Nations unies — le Canada étant le seul pays membre de l’OTAN à ne pas l’avoir fait.
Il souhaiterait également couper les vivres aux terroristes en saisissant leurs avoirs et s’attaquer au phénomène de la radicalisation des jeunes au pays.