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Joe Oliver apparaît sur la scène électorale

Finance Minister Joe Oliver addresses the Australia-Canada Economic Leadership Forum in Vancouver, B.C., on Tuesday, July 7, 2015. Oliver says the country was not in a recession in the first half of the year despite economic data to the contrary. THE CANADIAN PRESS/Darryl Dyck Photo: Darryl Dyck / La Presse Canadienne

TORONTO — Joe Oliver a fait irruption, mercredi, sur la scène électorale nationale après être demeuré à l’écart des projecteurs depuis le déclenchement de la campagne, et ce, même si l’un des principaux enjeux électoraux émane de son ministère.

Alors que les conservateurs ont régulièrement eu recours à des candidats et à des ministres pour remplacer le chef, Stephen Harper, quand ce dernier avait d’autres engagements, le ministre des Finances n’avait jusqu’ici jamais fait partie du lot, poussant plusieurs observateurs à se poser des questions.

Mercredi, M. Oliver a affirmé qu’il y avait une raison derrière cette discrétion: il se bat pour sa survie politique.

«Eglinton-Lawrence et ma réélection ont été ma priorité, obtenir la confiance de l’électorat, gagner et retourner au parlement», a-t-il affirmé.

La circonscription torontoise a été un château fort du Parti libéral pendant des décennies avant que Joe Oliver n’y soit élu par 4000 voix en 2011.

L’ex-députée conservatrice Eve Adams a été défaite par l’avocat torontois Marco Mendicino lors de la course à l’investiture libérale pour Eglinton-Lawrence.

Outre M. Mendicino, M. Oliver devra également affronter l’ancien ministre des Finances de la Saskatchewan Andrew Thomson, qui défend les couleurs du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Même si M. Thomson a reçu un solide coup de main de sa formation politique — le chef Thomas Mulcair a assisté à l’ouverture de son bureau de campagne —, les sondages le placent en troisième position dans les intentions de vote et Marco Mendicino au premier rang, ce qui explique peut-être la soudaine apparition de Joe Oliver dans la campagne conservatrice nationale.

L’autre raison relève des circonstances.

M. Harper a passé la matinée de mercredi à tourner de nouvelles publicités télévisées en prévision du sprint final de la campagne, mais avec une caravane remplie de journalistes en quête d’une histoire et la publication de nouveaux chiffres indiquant une hausse de la croissance économique, les conservateurs ont décidé de faire appel à leur ministre des Finances.

Joe Oliver a toutefois insisté sur le fait qu’il avait accordé de nombreuses entrevues depuis le début de la campagne à quiconque s’était présenté à son bureau situé entre un nettoyeur et un restaurant italien.

«Les affiches sont là, ce n’est pas difficile de me trouver», a-t-il assuré.

Plus tard mercredi, M. Oliver devait participer à un débat à Toronto organisé par le Centre consultatif des relations juives et israéliennes, alors que Stephen Harper se rendra à Québec afin de se préparer pour le débat des chefs en français qui aura lieu vendredi soir.

Le fait qu’il préfère se concentrer sur sa propre campagne n’a cependant pas empêché le ministre des Finances de déclarer que le gouvernement conservateur avait le droit de participer aux négociations pour l’accord de libre-échange transpacifique, et ce, même si le pays est en pleine campagne électorale.

M. Oliver a balayé du revers de la main les critiques accusant le gouvernement d’avoir enfreint la «convention de transition», qui est censée limiter les activités gouvernementales en période d’élections, en poursuivant les discussions avec les 11 autres pays du Partenariat transpacifique (PTP).

Interrogé lors d’un événement dans sa circonscription d’Eglinton-Lawrence, le ministre sortant a refusé de dire si le Parti conservateur avait consulté ses adversaires libéral et néo-démocrate au sujet des pourparlers sur l’accord.

La convention de transition stipule que le parti au pouvoir doit discuter avec ceux de l’opposition en ce qui a trait aux dossiers susceptibles d’avoir un impact important sur les futurs gouvernements.

Le ministre du Commerce, Ed Fast, se trouve actuellement à Atlanta pour une nouvelle série de négociations du PTP et, selon la rumeur, une entente de principe pourrait être conclue d’ici la fin de la semaine.

Le mystère concernant les possibles concessions que le Canada pourrait faire dans les domaines de l’agriculture et de l’automobile demeure entier. Toutefois, la conclusion de l’accord pourrait être un atout pour les conservateurs dans la course pour les élections du 19 octobre.

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