Improbable nationalisation des banques au Canada
Devant les profits faramineux des six principales banques canadiennes, Léo-Paul Lauzon recommande de nationaliser, au moins en partie, les institutions financières du Canada. Cependant, cette option n’apparaît pas sur les radars du gouvernement.
L’étude Les banques canadiennes en temps de crise, publiée hier par Léo-Paul et Martine Lauzon, de la Chaire d’études socio-économiques de l’UQAM, dénonce l’intervention de l’État dans le domaine bancaire et le peu de retombées positives que cela entraîne pour les Canadiens.
«Tant qu’à assumer collectivement les opérations les plus risquées par le biais des banques étatiques et laisser aux banques privées les activités les plus rentables, il serait plus avantageux de nationaliser ce service public», écrivent Léo-Paul et Martine Lauzon.
Le gouvernement fédéral, duquel relèvent les grandes banques, ne partagent pas cette opinion. Dans la Loi sur les banques, Ottawa prévoit que les actions des grandes banques doivent demeurer «largement réparties». Un seul actionnaire – tel le gouvernement – ne pourrait pas devenir propriétaire d’une banque, selon la définition actuelle de la loi.
Au ministère des Finances du Québec, la nationalisation des banques n’est pas à l’ordre du jour. «C’est une question tellement hypothétique. Personne n’étudie ce genre de scénario», a expliqué Jacques Delorme, de la direction des communications du ministère.
Autres solutions
Léo-Paul et Martine Lauzon proposent d’autres avenues pour encadrer les banques.
- Augmenter les impôts et les taxes des banques canadiennes sur leurs profits.
- Modifier les lois fiscales pour que la rémunération en actions des dirigeants soit imposée comme un salaire.
- Cesser de verser des subventions en fonds publics aux banques.