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Le Pen critique la politique d’immigration du Québec

France Front National Leader Marine Le Pen leaves a news conference, Sunday, March 20, 2016 in Quebec City. THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot Photo: Jacques Boissinot/THE CANADIAN PRESS

Marine Le Pen, la présidente du parti d’extrême-droite français, le Front national (FN), a fustigé dimanche les politiques migratoires en vigueur au Québec, qui accueille 50 000 immigrants chaque année et qui songe à rehausser à 60 000 le nombre d’entrées permanentes dans la province.

«C’est un choix erroné. Il s’agit de se draper dans le drap blanc de la générosité […] Je ne vois pas en quoi l’apport massif d’immigration (sic) peut améliorer la francophonie», a-t-elle lancé, avant de s’exclamer «Ah bien tant mieux!» lorsqu’une collègue de Radio-France a souligné qu’une grande partie des immigrants accueillis par le Québec étaient, dans les faits… français.

Quelques dissidents s’étaient déplacés à l’hôtel Marriott, à Québec, où la controversée égérie de l’extrême-droite française prenait la parole pour lui faire savoir que «le Québec emmerde le Front national». «Allez, casses-toi! On sait que tu es payé 500 euros pour être ici!», a crié un membre de l’équipe frontiste à l’endroit d’un manifestant. «Allez prendre une douche et allez-vous coucher», a quant à elle surenchéri Mme Le Pen. Une échauffourée a à un moment éclaté et un sympathisant du FN a même donné un coup de poing à un des contestataires.

«Le combat que nous menons contre Bruxelles pour retrouver notre souveraineté française s’assimile à celui que [le Québec] mène contre Ottawa pour retrouver [la sienne].» -Marine Le Pen, présidente du FN

La venue du Front national au Québec ne dérangeait pas qu’une poignée de manifestants : l’ensemble de la classe politique québécoise avait précédemment déclaré persona non grata la leader frontiste en insistant pour s’en dissocier.

«Que l’oligarchie québécoise et canadienne ne soit pas très heureuse de me voir, je n’en doute pas une demi-seconde. Si elle était contente, j’en serais presque inquiète, puisque par définition je représente la voix de la liberté, la voix des peuples qui ne veulent plus être soumis au pouvoir de cette oligarchie», s’est défendu Mme Le Pen, soulignant qu’elle n’avait «même pas chercher à voir» de représentants politiques lors de son séjour – un son de cloche dissonant avec celui de la Coalition Avenir Québec et de Québec solidaire, qui ont tous deux affirmés avoir été approchés par le FN.

Les motifs du séjour de Mme Le Pen au Québec demeuraient nébuleux avant son point de presse dans la capitale nationale puisqu’aucun détail sur les raisons de sa visite n’avaient été divulgué. À la lueur de ses propos, il semble toutefois que le Front national venait séduire une frange du mouvement souverainiste québécois qu’il estime enthousiaste à ses politiques hostiles à l’immigration et au libre-échange.

Elle a estimé que les «points communs» qui unissent à son avis les deux mouvements «nécessitent des contacts».

L’idylle entre l’extrême-droite française et la cause souverainiste semblait toutefois promise à un divorce rapide, hier. Peu de temps après le point de presse, la Société Saint-Jean Baptiste réagissait aux rumeurs voulant que sa présidente allait rencontrer Mme Le Pen en affirmant, dans un communiqué, que «le Québec ne parl(ait) pas la langue du FN».

Marine Le Pen était à Québec dimanche pour courtiser les tenants d’une francophonie «d’émancipation». Elle prenait la parole en marge de la journée de la francophonie pour défendre la création d’un bloc linguistique uni par la langue de Molière qui aurait préséance sur les autres.

Elle a entre autres promis que la totalité de l’aide aux pays en développement accordée par la France irait exclusivement à des pays francophones advenant sa prise de pouvoir, de même que la mise en place d’un «fond francophone d’investissement» destiné à financer de grands projets d’infrastructure dans les pays émergents de langue française.

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