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Aide sociale:les sanctions fonctionnent, dit Blais

QUÉBEC – Des études démontrent que les sanctions incitent les prestataires d’aide sociale à réintégrer le marché du travail, a déclaré mardi le ministre de l’Emploi, François Blais.

À l’opposition qui l’accusait d’appuyer sa réforme de l’aide sociale sur sa propre opinion, M. Blais s’est tourné vers des recherches allemandes et néerlandaises.

Le porte-parole péquiste Dave Turcotte a réclamé mardi le retrait du projet de loi 70, qui propose des pénalités aux premiers demandeurs d’aide sociale qui refuseraient un emploi.

M. Turcotte a soutenu que les dispositions feraient passer le chèque de certains prestataires de 623 $ à 400 $ par mois, en raison de ces sanctions.

«Nous ne sommes pas contre l’aide aux plus jeunes, bien au contraire, mais nous sommes contre l’approche punitive proposée par le ministre», a-t-il dit.

Lundi, près de 300 universitaires ont dénoncé les dispositions du projet de loi 70 défendu par M. Blais.

En Chambre, mardi, M. Blais a cité une étude, menée en Allemagne en 2002, montrant que plus les sanctions sont élevées, plus les prestataires sont incités à intégrer le marché du travail.

«Nos résultats démontrent que chaque type de sanction conduit à un taux de transition accru vers le travail et que cet effet est plus élevé pour les sanctions qui sont fortes», a-t-il dit.

Une autre recherche effectuée aux Pays-Bas démontre que les sanctions augmentent le taux de transition de l’aide sociale vers l’emploi par plus de 140 pour cent, a indiqué le ministre.

«L’enjeu ici, ce n’est pas la punition, c’est d’aider les jeunes à se sortir de l’aide sociale», a-t-il dit.

Selon M. Blais, d’autres juridictions ont obtenu des résultats en tentant d’inciter les prestataires à s’inscrire dans une «démarche».

«Quand on regarde les pratiques qui sont les plus probantes au Canada, dans toutes les provinces canadiennes et aussi en Europe, dans toutes les sociétés sociales-démocrates, notamment les plus égalitaires d’entre elles, notamment le Danemark, il y a le principe de réciprocité, qui fait en sorte d’engager la personne dans une démarche», a-t-il dit.

Le ministre a estimé que plusieurs emplois disponibles pourraient être facilement comblés puisque leur niveau d’exigence est faible.

«Il y a, en ce moment, des possibilités d’emploi partout sur le territoire du Québec, a-t-il dit. Une bonne partie de ces emplois-là, c’est pour des personnes qui sont peu qualifiées.»

Selon le projet de loi 70, les nouveaux prestataires qui refuseraient de participer à un programme, qui pourrait les obliger à accepter un emploi, s’exposeraient à une réduction de leur chèque mensuel, qui totalise actuellement 623 $.

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