Hivon veut un Québec carboneutre d’ici 2050
La candidate à la chefferie du Parti québécois (PQ), Véronique Hivon, s’est engagée dimanche matin à éliminer complètement la dépendance du Québec aux hydrocarbures d’ici 2050 si elle est portée au pouvoir.
Elle a d’ailleurs signalé son opposition à l’exploitation du pétrole sur le territoire québécois. «Avec moi, il n’y a pas d’exploration de pétrole. Ça inclut Anticosti», a-t-elle laissé tombé lors d’un point de presse à Montréal.
Jusqu’ici, la candidate n’avait pas clairement fait savoir sa position quant à l’exploitation pétrolière à Antiscosti. Lors d’une entrevue le 10 mai sur les ondes de 98,5 fm avec l’animateur Paul Arcand au moment de se lancer officiellement dans la course à la chefferie, Mme Hivon avait fait part de certaines «réserves», mais ne s’était pas prononcée contre.
«S’il y a un potentiel rentable [d’exploitation pétrolière à Anticosti], est-ce qu’on l’exploite, ou pas ?», lui avait demandé l’animateur.
«Je ne suis pas capable aujourd’hui de vous dire oui à ça. Je pense qu’avant de s’enligner vers ça… Moi j’ai des réserves, personnellement, avait-elle confié. J’ai des réserves. D’une part, je ne pense pas que c’est la voie de l’avenir, et d’une autre part, je ne pense pas que le dossier soit clair à ce moment-ci.»
Le plan de Mme Hivon s’articule selon trois différentes approches. Elle a présenté dimanche le volet «la réinvention de nos milieux de vie» de son plan. Les aspects touchant l’électrification des transports et de la transition énergétique feront l’objet d’autres annonces dans les semaines à venir, a-t-elle avancé.
La candidate prévoit inciter les municipalités à se réorganiser «On va s’assurer que ce sera financièrement avantageux pour les villes et les villages d’améliorer la qualité de vie des citoyens, tout en réduisant leur empreinte écologique», a-t-elle affirmé.
Parmi les cibles de son plan figurent l’établissement des services publics au centre des villes pour que les citoyens puissent y accéder à pied ou en transports en commun, la promotion de commerces de proximité et la mise en place de normes nationales permettant à tout travailleur ayant un emploi compatible d’effectuer une journée de télétravail par semaine.
«Les gens aimeraient être moins pris dans la circulation, moins étouffés financièrement. Mais surtout parce qu’ils aimeraient pouvoir passer plus de qualité en famille, aller parfois dîner avec leurs enfants, les voir plus que 2 heures le soir après une journée éreintante au travail», juge Mme Hivon.
Elle a affirmé vouloir faire diminuer la proportion du revenu disponible des Québécois consacré au transport de 20% à 15%, voire 12%, d’ici 2030.
La candidate est convaincue que le Québec peut être entièrement carboneutre – c’est à dire n’émettre aucun gaz à effet de serre – d’ici 2050. «C’est une cible qui est à la fois ambitieuse, mais réaliste. Nous sommes absolument convaincus de pouvoir l’atteindre», avance-t-elle.