Politique

15 ans après la fusillade de Dawson, «il reste du chemin à faire»

Le Collège Dawson. Photo: Josie Desmarais/Métro

Ce 13 septembre 2021 marque tristement le 15e anniversaire de la fusillade du Collège Dawson. Dans la foulée de PolySeSouveint, des familles et survivants appellent les Canadiens à «penser à deux fois» et à voter pour un contrôle plus strict des armes à feu.

«Cette élection va tout décider», soutient Kathlene Dixon, qui a assisté à la fusillade et dont la fille a été blessée. «Aujourd’hui, nous avons besoin de votre aide. Nous avons besoin que vous votiez pour protéger l’avenir du contrôle des armes à feu au Canada.»

Depuis 15 ans, Mme Dixon se mobilise pour un contrôle «plus strict» des armes à feu aux côtés de la famille d’Anastasia de Sousa, qui a perdu la vie lors de l’attaque, et d’Hayder Kadhim, qui y a survécu.

En effet, si le type d’arme d’assaut utilisée lors de la fusillade (Berretta CX4 Storm) est interdit depuis le 1er mai 2020, elle reste en circulation. De plus, les armes de poing restent légales.

Pour Mme Dixon, les progrès en matière de contrôle des armes à feu sont «modestes» et «il reste du chemin à faire» au pays pour disposer de mesures de contrôle «fondamentales et adéquates». Pour atteindre ces mesures de contrôle, le groupe appelle donc les Canadiens à ne pas voter pour le parti conservateur lors du scrutin du 20 septembre.

Nous avons besoin que vous ne votiez pas conservateur. Nous avons besoin que vous votiez libéral, ou, si vous vivez au Québec, que vous votiez libéral ou Bloc Québécois.

Kathlene Dixon, mère de de Meghan Dixon, survivante de la fusillade au Collège Dawson.

Pour Hayder Kadhim, survivant de la tuerie, «tout ce que le parti conservateur a fait» l’a été «à la demande du lobby des armes». Tout comme PolySeSouvient qui soulignait les liens entre le parti d’Erin O’Toole et la NFA, M. Kadhim attribue l’ascension d’Erin O’Toole dans le rang des conservateurs au soutien de la NFA.

Meghan Hennegan déplore également que le groupe qui organise la «journée Beretta» à Calgary fasse partie de ceux qui saluaient la proposition de M. O’Toole d’affaiblir le contrôle des armes.

En effet, la position de M. O’Toole vis-à-vis des armes à feu fait controverse depuis le début de la campagne électorale. Sa plateforme électorale indiquait que le parti souhaite «abolir le projet de loi C-71 et le décret de mai 2020». Ce décret mis de l’avant par le parti de Justin Trudeau vise à interdire près de 1500 modèles d’armes d’assaut, dont la carabine Beretta utilisée par le tireur au Collège Dawson.

Une affirmation que M. O’Toole a démentie avec véhémence depuis le premier débat électoral. Cette proposition a depuis été retirée de la plateforme conservatrice. En conférence de presse, aux questions des médias, M. O’Toole répétait vouloir «maintenir l’interdiction sur les armes d’assaut».

Continuer d’avancer

Rachel Bendayan, candidate sortante du parti libéral, se dit préoccupée par la position conservatrice sur les armes à feu.

Nous ne nous souvenons que trop bien de la violence et de la douleur que les armes à feu ont causées dans le passé. Nous avons travaillé trop
fort pour les gains acquis, nous luttons trop fort pour nous assurer de continuer à avancer, qu’il est impensable de nous permettre de reculer et sacrifier impunément la sécurité de nos jeunes, de notre ville, de notre pays tout entier.

Rachel Bendayan, députée sortante et candidate pour Outremont, Parti Libéral du Canada.

La candidate libérale dans Outremont se joint à l’appel des familles et survivants pour des mesures de contrôle plus strictes. Elle précise que dans plateforme de 2021 le parti libéral a instauré «un programme obligatoire de rachat et de désactivation solide». Ce type de programme a notamment été mis en place en Nouvelle-Zélande et en Australie après plusieurs fusillades meurtrières.

La plateforme électorale des libéraux entend aller plus loin dans le contrôle des armes à feu. En effet, le projet de loi de février dernier, d’un programme de rachat prévoyait que celui-ci pourrait être volontaire «volontaire» avec des mesures strictes.

Mme Bendayan souligne qu’une interdiction abrogée des armes d’assaut, comme le prévoyait la plateforme conservatrice, «ouvre la voie à un retour dans nos rues d’armes semi-automatiques extrêmement dangereuses, comme celle qui a tué Anastasia.»

La mairesse de Montréal s’est exprimée aujourd’hui sur Twitter pour souligner «la nécessité d’un meilleur contrôle des armes à feu».

Alors que la ville de Montréal fait face à une augmentation des violences par armes à feu, la mairesse Valérie Plante avait rappelé le risque actuel d’entrer dans «une société à l’américaine où l’usage des armes à feu devient banal et les drames deviennent quotidiens». La mairesse de Montréal demandait un engagement ferme notamment sur les armes de poing.

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