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Steven Guilbeault hésite dans sa défense du projet pétrolier Bay du Nord

Steven Guilbeault, ministre de l'environnement, dans un café internet.
Steven Guilbeault Photo: Josie Desmarais/Métro

La défense du projet pétrolier Bay du Nord ne semble pas naturelle pour le ministre de l’Environnement, Steven Guilbeault, qui l’a pourtant approuvé la veille. Lors de son passage à l’émission de radio Tout un matin d’ICI Première jeudi, il a hésité à dire s’il aurait approuvé le projet s’il était seul au Conseil des ministres.

L’animateur Patrick Masbourian a longuement questionné le ministre Guilbeault, ex-militant écologiste et député de Laurier–Sainte-Marie à Montréal, sur son approbation de ce mégaprojet de 60 puits d’extraction pétrolière qui verra le jour au large de Terre-Neuve.

«Si vous étiez seul au Conseil des ministres, auriez-vous approuvé ce projet?», a demandé l’animateur au ministre. Après quelques secondes d’hésitation, Steven Guilbeault a d’abord répondu que c’était «très hypothétique». Il a ensuite souligné qu’il n’était «évidemment pas venu en politique pour annoncer des projets pétroliers». Il a ensuite tenu à rappeler qu’il n’est plus le représentant d’une organisation écologique et qu’il doit désormais prendre ses décisions «dans le meilleur intérêt public».

Avant de se lancer en politique, M. Guilbeault s’est fait connaître comme porte-parole d’Équiterre.

Le projet «le moins émetteur au monde»

Pour défendre le projet, Steven Guilbeault a notamment expliqué que le projet Bay du Nord est probablement parmi les projets pétroliers qui émettent le moins de gaz à effet de serre (GES) dans le monde. «Pour donner un ordre de grandeur, c’est dix fois moins de gaz à effet de serre par baril de pétrole produit qu’un projet de sable bitumineux», a-t-il mentionné à l’émission.

Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada et également invité à l’émission, insiste, de son côté, sur le fait «que le pétrole propre n’existe pas».

Environ 85% des émissions liées au pétrole, c’est lorsqu’on le consomme, lorsqu’on le brûle.

Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada

«Il n’y a pas de surprise»

Le ministre Guilbeault a aussi rappelé que l’augmentation de la production de pétrole au Canada était déjà prévue dans le Plan de réduction des émissions pour 2030 déposé la semaine dernière, un plan qui a été salué par l’organisme Greenpeace. Il comprend donc que les écologistes soient fâchés, mais rappelle qu’il n’y a là «aucune surprise».

De son côté, M. Bonin a tenu à rectifier les propos du ministre. Il affirme que Greenpeace avait simplement voulu souligner le fait que, pour la première fois, le gouvernement avait un plan qui prévoyait une réduction significative des émissions du secteur pétrolier et gazier. Il a toutefois ajouté que le plan gouvernemental était loin d’être assez ambitieux et qu’il comportait des «problèmes majeurs».

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