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Le communautaire, un engagement qui a du sens

Le communautaire, un engagement qui a du sens
Photo: Collaboration spécialeJacob Matthew Drum, du Créca

Issu d’un milieu plutôt favorisé, Jacob Matthew Drum a toujours cherché à aller à la rencontre de son prochain.

C’est grâce au bénévolat qu’il a découvert sa vocation: lutter contre l’analphabétisme pour donner une chance à ceux qui ne savent pas lire.

Après s’être investi en tant qu’instructeur bénévole dans des organismes locaux, puis en tant que membre du conseil d’administration du Créca, Jacob en est devenu le président.

Toutefois, dans les couloirs de ce centre d’éducation populaire autonome situé dans le quartier Ahuntsic, le titre importe peu. Entouré de son équipe d’éducateurs et d’accompagnants dévoués, l’homme de 21 ans n’a qu’une ambition: permettre à un maximum d’adultes d’accéder à l’éducation pour s’intégrer.

Jacob, comment es-tu passé de bénévole à président du Créca?

Après mes études collégiales, je me suis engagé bénévolement dans divers centres communautaires et, lors d’un 5 à 7, j’ai rencontré l’ancienne directrice du Créca. Nous avons parlé des problèmes de relève que rencontrent les conseils d’administration des organismes montréalais. Je suis alors entré au CA du Créca comme membre bénévole, puis comme secrétaire, et, quand l’occasion s’est offerte à moi, j’ai accepté le poste de directeur. En parallèle, j’ai continué mon bac en économie et politique à l’UdeM.

Quel a été ton parcours dans le bénévolat?

Au cégep, j’étais le président de mon association étudiante; à l’université, j’en étais le vice-président. Quand j’ai déménagé dans Ahuntsic, j’ai directement cherché une façon de participer à la vie de quartier. J’ai enchaîné les expériences de bénévolat dans les domaines éducatif et politique. Mon mandat au Créca a été la suite logique de ce parcours.

À quoi ressemble ton quotidien au Créca?

L’ambiance y est incroyable. Je suis entouré de collègues tellement dévoués! Ce sont des gens qui sont impliqués ici depuis 20 ans et qui suivent encore leurs étudiants du premier jour, qui eux-mêmes continuent à venir nous voir. On sait qu’on a un gros impact sur la vie des étudiants qui passent par ici, car ils ne pourraient pas fonctionner sans les ressources qu’on leur fournit. Ces gens sont dans des situations extrêmement précaires, et notre mandat va bien au-delà de l’enseignement. On les accompagne, on les soutient et on les réfère aux services adéquats pour les aider à se loger ou à se nourrir, par exemple. Je me vois ici encore plusieurs années, c’est certain.

Quelles en sont les principales contraintes?

Le gros défi, ce sont les ressources financières. Nos subventions ne sont pas récurrentes, alors, d’une année à l’autre, on ne sait jamais si on va pouvoir continuer à assurer nos services. C’est un enjeu de taille parce que les coupes budgétaires ont un impact direct sur la vie de nos bénéficiaires, alors on fait tout pour que ça les affecte le moins possible. On tâche d’avoir des réserves et de bien répartir nos ressources chaque année. Ce qui me motive, c’est l’enthousiasme et le courage de mes collègues et aussi la reconnaissance de nos apprenants. L’an dernier, ils nous ont préparé une pièce de théâtre qu’ils avaient préparée eux-mêmes, alors que la plupart ne parlaient presque pas français quelques mois auparavant. Tous les efforts accomplis sont oubliés quand tu vois quelque chose d’aussi beau.

Ton engagement au Créca est aussi un combat contre l’analphabétisme…

Presque une personne sur deux est analphabète fonctionnelle au Québec, et on ne réalise pas combien ça isole et empêche ces personnes de s’intégrer, ne serait-ce que pour trouver un emploi! Ce sont des gens que j’appelle les «invisibles» parce qu’ils sont coupés de la société, dans l’indifférence générale. Ici, on leur apprend à lire, mais aussi à utiliser l’internet, car c’est indispensable de nos jours pour se tenir au courant de l’actualité, trouver un travail et même se faire des amis.

Jacob Matthew Drum en rafale

Votre film préféré?
Interstellaire

Votre dernier voyage?
À Chicago

Ahuntsic en trois mots?
Accueillant, familial et communautaire


Une fois par mois, en collaboration avec le Conseil jeunesse de Montréal, Métro présente un jeune dont le parcours est inspirant.