Coeur de pirate: ses deux derniers concerts avant bébé
C’est une Cœur de pirate en cloque jusqu’aux oreilles qui a décidé de rencontrer in extremis quelques journalistes, histoire de discuter des deux derniers spectacles de sa tournée Blonde.
Surtout ne pas dévier du sujet, nous avait-on prévenu. On a presque réussi. Rencontre avec la Lolita québécoise, avant qu’elle n’appuie sur pause pour une période indéterminée.
L’album Blonde offre un son vintage. Les deux spectacles que vous présenterez aux FrancoFolies s’articuleront-ils autour de ce concept?
Non. Comme nous avons intégré le Quatuor Molinari, il y aura davantage de cordes sur les chansons. J’ai hâte de voir le résultat, mais la facture finale devrait être un petit peu plus solennelle que pop rock. Plus calme aussi.
En écoutant votre album Blonde, un climat à la fois douillet, légèrement sucré mais aussi très mélancolique s’installe. D’aucuns recherchent parfois, sans doute inconsciemment, une tristesse confortable à travers leurs relations amoureuses. Est-ce votre cas?
Oui, j’ai l’impression que je me suis pas mal sabotée dans le passé. L’album parle aussi des difficultés que j’ai connues au cours de mes relations amoureuses. Qu’on le veuille ou non, il est difficile de vivre des choses heureuses lorsqu’on voyage beaucoup, comme ce fut mon cas ces dernières années. Forcément, je me suis souvent demandé : «Est-ce que ça me fait plaisir de me retrouver dans ces situations-là, histoire de continuer à créer?» (Rires) Si c’est le cas, je pense que ce n’était pas volontaire.
C’est néanmoins une émotion que vous aimez, non? La trouvez-vous confortable, cette mélancolie, ce «bonheur d’être triste» dont parlait Victor Hugo?
Plus maintenant. Ces dernières années peut-être, mais on en revient.
Votre spectacle ne sera donc pas placé sous ces auspices?
Il sera représentatif des deux albums. On intégrera les chansons comme on le pourra, mais il est certain que je ne suis pas du genre à livrer un concert triste.
Votre album éponyme, le premier, était davantage piano-voix. Comment allez-vous le marier à Blonde?
Il y a encore pas mal de piano et de voix sur ce dernier. Mais il est vrai que les musiciens sont super présents et qu’on y retrouve un esprit de groupe. J’ai la chance de travailler avec des instrumentistes merveilleux, et ça m’aide à conserver une uniformité dans l’ensemble.
Dans quel univers culturel, sur le plan musical, cinématographique ou littéraire, aimez-vous plonger durant le processus de création?
Pour Blonde, c’était surtout le yéyé. Beaucoup de romans aussi. Et la photo. Helmut Newton en particulier, parce qu’il travaille le noir et blanc de façon formidable.
Votre plus beau souvenir des Francos?
Sans doute les dernières, parce que j’ai joué devant… 30 000 personnes! Il tombait une pluie battante et démentielle, mais tout le monde est resté jusqu’à la fin du spectacle. C’était magique de constater à quel point le public était avec moi. Ça m’a procuré l’énergie nécessaire pour livrer un bon concert. À la fin, j’étais super contente.
Vos plans à court terme?
Il me reste deux spectacles à livrer, ensuite je me pose pour une période indéterminée.
Alors on ira vous voir aux Francos, d’autant que vous jouerez avec deux cœurs de pirates…
Eh oui, c’est vrai! (Rires)