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Hors les murs: au pays de mon premier amour

Photo: Mathieu Poirot Delpech

Le réalisateur belge David Lambert parle de son premier long métrage, Hors les murs, récompensé à la Semaine de la critique à Cannes.

C’est une histoire toute simple : une rencontre, un coup de foudre, une belle histoire d’amour qui se développe. Un concours de circonstances fait en sorte que les amoureux sont séparés, et la vie suit son cours. Ça aurait pu être l’histoire de n’importe quel couple mais, dans ce cas-ci, il s’agit de celle de deux hommes. «J’adore les histoires d’amour, je trouve que c’est un genre en soi, comme le thriller, affirme David Lambert, dont Hors les murs est le premier long métrage. Et je voulais que cette histoire-ci soit décomplexée. C’est né d’une frustration que j’avais quand je voyais des films avec un couple formé de deux garçons. C’était toujours axé seulement sur les difficultés, le coming out, le rapport à la famille, ou alors ça montrait une relation très sombre, centrée sur la sexualité uniquement, et je n’arrivais pas à m’y retrouver.»

C’est qu’à la base, cette histoire, c’est celle de son premier chagrin d’amour, «celui qui fait si mal, mais qui demeure un beau souvenir, qui constitue l’identité de la personne qui l’a vécu», révèle David Lambert. «Quand j’ai écrit la toute première version, je ne pensais même pas en faire un film, j’écrivais comme ça, se souvient-il. Et au fur et à mesure des rencontres, le projet est devenu tangible et faisable. Il m’a ramené à beaucoup d’histoires que j’ai eues entre 20 et 30 ans. C’est un projet qui a connu beaucoup de maturation; ça fait 15 ans que
je l’écris.»

Pour recréer à l’écran ces moments très personnels, David Lambert avait besoin de comédiens entre qui la chimie fonctionnerait. «J’ai fait le casting en fonction du couple, et non de chaque personne, dit-il. Le miracle de la vie a fait que j’ai rencontré Guillaume Gouix et Matila Malliarakis en casting le même après-midi; ils auditionnaient pour le même rôle, et je me suis dit qu’ils feraient de très bons partenaires l’un pour l’autre. À partir de ce moment-là, j’ai réécrit les deux personnages en fonction des acteurs.»

Il faut dire que le cinéaste n’était pas fermé aux changements, bien au contraire : «On a beaucoup improvisé avec les comédiens, on a essayé de créer des petits moments de vie, j’ai eu beaucoup de matière quand est venu le temps du montage. Ç’a été un vrai plaisir!»

Québec, je t’aime
Hors les murs est le premier long métrage de David Lambert, mais cette co-production belgo-québécoise ne constituait pas son premier contact avec la belle Province. «J’ai une Belle histoire d’amour avec le Québec, mon court métrage [Vivre encore un peu] a été sélectionné au festival de Rouyn-Noranda il y a quelques années, se rappelle-t-il. Et j’ai trouvé que c’était un public très chaleureux, très émotionnel dans le bon sens du terme, au niveau des réactions.»

Et encore une fois, avec une équipe constituée de plusieurs Québécois, l’expérience a été concluante. «Les Québécois ont été très soutenants, très généreux, dit-il. Et ç’a donné exactement le film que je voulais. Je suis tout à fait ravi.»

Hors les murs
En salle dès vendredi

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