Jérémy Gabriel, Rockfest et machine à saucisse
Bon, terrain glissant, j’en suis conscient, mais j’ai un petit malaise.
Cette semaine, le Rockfest de Montebello dévoilait sa programmation et les médias cassent du sucre sur un seul nom depuis l’annonce : Jérémy Gabriel.
Perdu dans la liste des groupes au bas de l’affiche, l’addition du chanteur pop a soulevé plusieurs questions et, sans surprise, l’effet boule de neige s’est opéré.
Coup de pub évident, la performance à venir de Jérémy Gabriel dans l’antre du métal est déjà un franc succès pour l’organisation du festival.
Là où c’est épineux, ceci dit, c’est la ronde des médias après le coup de pub – notamment le passage de Jérémy Gabriel sur le plateau de Denis Lévesque.
Ici, ne me prêtez pas d’intentions, c’était un choix d’entrevue évident. On parle de l’actualité et, pour des raisons discutables, Gabriel faisait partie de l’actualité du jour et c’était de circonstances.
Jusque-là, ça va.
Mon malaise est dans l’utilisation de l’ancien «petit Jérémy» pour faire rouler la machine, autant celle de la promo d’un festival que celle cherchant à faire du «buzz» à la télé.
Sans parler d’une victime du système, je n’aime pas avoir l’impression d’assister à l’exploitation à peine dissimulée d’un jeune homme qui, dans ses années formatrices, ne sait peut-être pas encore comment dire non.
Je ne dis pas qu’il est totalement inconscient, loin de là même, il a plutôt démontré à Denis Lévesque qu’il était très au courant des moqueries sur les médias sociaux et du peu de sérieux avec lequel les médias le traitent. Sauf que venir en parler à un média qui ne le prend pas forcément au sérieux – c’est alimenter la machine à saucisse et je ne suis pas à l’aise avec ça.
D’un autre côté, il a pleinement le droit de poursuivre une carrière médiatique et d’accepter les invitations sur les différents plateaux, mais est-ce qu’on pourrait le faire pour les bonnes raisons?
Invitons-le pour parler de son disque, à la limite, mais pas pour faire la promo d’un coup de pub.
C’est bon pour lui, mais pour tout le monde aussi. La publicité est déjà suffisamment insidieuse dans sa forme actuelle, pas besoin de lui donner un coup de pouce avec des entrevues de fond en plus.