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13 Reasons Why: Autopsie d’un drame

Photo: Beth Dubber/Netflix
Lucía Hernández - Metro World News

13 Reasons Why, qui aborde notamment les thèmes de l’intimidation à l’école, de l’agression sexuelle et de la dépression avec, en point d’orgue, le suicide d’une adolescente, a bouleversé le public depuis sa mise en ligne il y a quelques jours. Métro a rencontré les acteurs Katherine Langford et Dylan Minnette ainsi que la star Selena Gomez, qui produit la série.

Réalisée par le scénariste oscarisé Tom McCarthy (Spotlight), la nouvelle série Netflix adaptée du roman de Jay Asher suit Clay Jensen (Dylan Minnette), un adolescent américain qui découvre un mystérieux paquet portant son nom à son retour de l’école. À l’intérieur, il trouve des cassettes enregistrées par Hannah Baker, sa camarade de classe et amour platonique, qui s’est donné la mort deux semaines plus tôt. Elle y explique les 13 raisons pour lesquelles elle a décidé de mettre fin à ses jours.

La série aborde un sujet tellement délicat. Aviez-vous peur de créer de la controverse?
Katherine Langford: Je ne pense pas nécessairement qu’elle soit controversée. Ce n’est pas comme si on présentait quelque chose qui n’est jamais arrivé. Le but de la série est de montrer une réalité et de laisser le spectateur décider ce qui est bien ou mal.

Pensez-vous que l’émission peut lancer un débat sur l’intimidation?
K. L.: Absolument.
Dylan Minnette : Et toute l’équipe voulait faire passer ce message de la façon la plus appropriée possible. Les créateurs ne voulaient pas romancer, glorifier ni démoniser les personnages afin de les rendre vraiment réels. Il y avait aussi une responsabilité à assumer.

Avez-vous parlé à des experts ou à des personnes qui ont dû passer par ce genre d’épreuves pour préparer votre jeu?
D. M.: Nous avons rencontré des psychiatres et d’autres spécialistes qui nous ont accompagnés dans le processus. Nous avons aussi pu parler à des personnes qui ont vécu de près des drames comme celui-ci ou qui connaissent des victimes.
K. L.: Les producteurs étaient conscients que nous étions de jeunes acteurs et que nous avions six mois de tournage qui se profilaient. Les psychologues et les psychiatres nous ont permis d’avoir l’information la plus pertinente sur les sujets que nous devions aborder, afin d’interpréter les personnages de la manière la plus réaliste, tout en faisant confiance aussi à notre instinct.

Est-ce que ça vous a fait réfléchir sur la manière dont vous réagiriez si vous traversiez une période de dépression?
K. L.: Je ne suis pas qualifiée pour donner un avis professionnel, mais quand j’entends que «les ados sont plus déprimés que les autres», c’est un sérieux indicateur qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans notre société. C’est normal de se sentir seul et sous pression durant les dernières années du secondaire. L’après-secondaire est tellement stressant : il faut s’adapter, comprendre qui on est, décider de ce qu’on veut faire de sa vie. Ce sont de lourdes questions, peu importe l’âge qu’on a. Il y a une différence entre se sentir isolé, sous pression, et être déprimé. C’est pourquoi il faut plus d’éducation, afin de sonner l’alarme quand une personne a besoin d’aide. Tous les jeunes qui sont déprimés n’empruntent pas la voie choisie par Hannah, mais le suicide chez les adolescents, c’est une tragédie. Il faut se poser la question de ce que nous ne faisons pas bien.
D. M.: Dans la série, les personnages vivent différents degrés de dépression et de joie. C’est au spectateur de déterminer ce qui est, pour lui, correct. En ce qui concerne Hannah, j’aimerais que les spectateurs réalisent que la chose la plus infime qu’ils font, que ce soit un beau geste ou un affront, peut avoir un impact sur la vie d’une personne, pour le meilleur ou pour le pire.

«Personne n’est parfait, mais tout le monde doit prendre conscience de ce qui se passe autour de soi, du fait que chacun peut faire une différence.» – Dylan Minnette, acteur

Quelle influence Selena Gomez a-t-elle eue sur la production?
K. L.: Selena a beaucoup voyagé dans le monde. Elle a rencontré de nombreuses personnes et a cette sensibilité à propos de la vie des jeunes d’aujourd’hui. Elle entend leurs histoires tous les jours. Ses fans vont à sa rencontre. Elle est comme une bouée de sauvetage pour beaucoup d’entre eux.

A-t-elle pu vous donner des conseils dans votre interprétation de Hannah?
K. L.: C’est une femme très occupée, alors je n’ai pas pu la rencontrer en personne avant la fin du tournage. On n’a pas pu parler ensemble de mon personnage, mais elle m’a beaucoup aidée, notamment à propos de la gestion des réseaux sociaux après la diffusion de la série. Elle sait plus que quiconque à quoi ressemble une vie sous les regards du public. Elle a été géniale pour nous préparer à ce qui nous attend en matière de popularité.

«Je voulais absolument participer à ce projet»

La chanteuse et actrice américaine de 24 ans Selena Gomez a coproduit, en compagnie de Brian Yorkey et de Mandy Teefey, 13 Reasons Why. Elle explique à Métro pourquoi elle s’est sentie fortement investie par ce projet.

Vous avez d’abord pensé faire un film à partir du livre. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’idée?
Le livre se lit comme une série télé. Si nous avions fait un film, nous n’aurions pas été en mesure d’explorer les personnages à fond. Nous pourrons les voir en trois dimensions grâce à notre format, en plus de connaître le contexte de tous les éléments principaux de l’histoire.

Au départ, vous vouliez jouer le personnage principal…
Oui. Ma mère passe des heures dans les librairies. Un jour, alors que j’avais 16 ou 17 ans, elle m’a rapporté ce livre-là. Dès que je l’ai lu, j’ai senti une connexion avec l’histoire et j’ai pensé que c’était une chose dans laquelle mes fans pourraient se reconnaître. Avec le recul, je constate que Katherine était la personne idéale pour jouer Hannah. On n’a qu’à la regarder pour voir qu’elle est parfaite pour le personnage.

Il s’agit d’une histoire très intense que les gens voudront regarder en rafale…
Les premiers épisodes sont captivants. Ils expliquent les relations entre les personnages et ce qui est arrivé à Hannah. Mais le matériel devient de plus en plus sombre. On voit notamment un autre côté de Clay. C’est un gars confus, triste et un peu gêné qui se transforme en… Je ne veux pas trop en révéler. Je pense que toutes ces histoires vont fasciner les gens.

Vous êtes-vous reconnue, d’une façon ou d’une autre, en Hannah?
Mon expérience du secondaire a été amplifiée. J’ai rencontré plusieurs jeunes qui ont vécu des situations similaires. J’ai fait face à ces choses avec mes collègues de classe au sein de la plus grande école secondaire du monde: la chaîne Disney. J’ai aussi rencontré des adultes qui ont eu l’audace de me dire comment vivre ma vie, ce qui était très déroutant. Je n’avais aucune idée de comment me comporter ou du type d’adulte que je deviendrais. C’est le genre de chose qui te frappe au moment où tu es le plus vulnérable.
Je voulais absolument participer à ce projet à cause de cela. Les jeunes ne veulent pas de discours vides ou d’optimisme forcé. Cela n’a pas de valeur à leurs yeux. Ils ont besoin de voir des trucs qui les émeuvent, qui les effraient. Je ferais n’importe quoi pour être une bonne influence pour cette génération.

Offert sur Netflix

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