Culture

Arcade Fire: La complexité de la culture actuelle

Photo: Anton Corbijn Mid/Collaboration spéciale
Lucía Hernández - Metro World News

Après trois ans d’absence, Arcade Fire, le plus célèbre band issu de la scène indie montréalaise, est de retour avec un nouvel album, Everything Now. Métro a discuté avec le multi-instrumentiste Richard Reed Parry, un des membres-clés du groupe, des inspirations à l’origine de ce nouvel opus.

Dans la chanson titre, Everything Now, vous avez échantillonné un extrait d’une chanson de l’artiste camerounais Francis Bebey. Y’a-t-il d’autres références du genre sur l’album?
Non, et on ne peut pas considérer que c’est vraiment un échantillonnage. C’est plutôt une citation d’une chanson. Nous avons pris le rythme et nous l’avons réinterprété. À partir de l’idée de quelqu’un d’autre, nous avons fait une toute nouvelle pièce. C’est quelque chose que nous n’avions jamais fait auparavant.

Est-ce que ç’a été le point de départ de l’album?
Non. Nous avions écrit beaucoup de chansons avant d’arriver à celle-là. Nous avons jonglé avec plusieurs pièces depuis le dernier album [Reflektor]. Par exemple, nous avons joué Infinite Content lors de notre dernière tournée, mais nous ne l’avions jamais réellement terminée.

Il s’agit de votre premier opus depuis la mort de David Bowie, un de vos mentors. Y a-t-il une chanson qui lui est dédiée ou qui a été écrite en son honneur?
Nous n’avions pas planifié le faire de cette façon. Mais je crois qu’Electric Blue parle un peu de lui: le texte fait référence à son travail et à sa vision des choses.

Quelles chansons ont été les plus rapides à écrire? Et les plus longues?
Everything Now nous a pris beaucoup de temps, tout comme Electric Blue. Infinite Content a été très rapide. Je crois que nous avons fait les arrangements et l’enregistrement en une heure. Cette pièce a été écrite comme une chanson punk, mais nous l’avons transformée en chanson country. Je crois que c’est la chanson enregistrée le plus rapidement de notre carrière.

«Notre époque, avec les médias sociaux, a fait disparaître le temps et l’espace nécessaires à la création artistique.» – Richard Reed Parry, membre fondateur d’Arcade Fire

Avez-vous voulu transmettre un message avec cet album?
Je ne pourrais pas le résumer en une seule phrase. Je crois que l’idée derrière des chansons comme Infinite Content et Everything Now porte sur la complexité de la culture actuelle, des dangers de l’immédiateté et du surplus d’information dans lequel nous sommes plongés. Je crois que les humains ont désormais besoin de se remplir l’esprit d’information. Nous laissons peu de temps et d’espace à la réflexion.

L’industrie de la musique exige désormais que les artistes produisent en tout temps afin de rester à l’avant-scène. Vous avez cependant réussi à prendre du temps entre les albums pour travailler à vos créations. Comment avez-vous résisté à la pression?
C’est très difficile. Nous sommes à une époque où les gens s’efforcent de remplir tous les moments libres de leur vie avec des contenus ou des activités qui occupent leur attention. Il devient de plus en plus difficile de trouver le temps de penser et de créer. C’est ce que nous recherchons.

Avez-vous développé un concept particulier en vue de prochains concerts?
Oui, nous allons ramener quelque chose que nous avons commencé lors de la dernière portion de notre dernière tournée. Il y aura une scène centrale qui sera entourée par le public. C’est presque une nouveauté pour nous. La scène aura quatre côtés. Nous n’avons fait que quelques spectacles du genre en Europe. C’est une expérience unique à chaque fois. C’est intéressant pour nous de découvrir si nous sommes capable de bien remplir la scène et de rendre le tout intéressant pour le public.

Est-ce difficile de conserver votre cohésion sur scène dans ces conditions?
Pas tant que ça. C’est la définition même d’un groupe: être synchronisé et à l’écoute des autres.

Articles récents du même sujet