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Le flamboyant quotidien de La cuisine de Pan

Photo: Stéphane Tassé

La compagnie française Chute libre débarque à Montréal pour la première fois avec La cuisine de Pan.

De prime abord, le cirque, flamboyant et plus grand que nature, n’a que bien peu à voir avec le train-train quotidien. Pourtant, c’est dans le décor d’une cuisine bien banale que débutera le spectacle La cuisine de Pan. «Le point de départ est le quotidien presque ennuyeux – c’est pour ça que je fais du spectacle, parce que le quotidien est ennuyeux, révèle Pierre Bolo, fondateur de la compagnie et metteur en scène, chorégraphe et interprète de La cuisine de Pan. Au fur et à mesure que la journée avance, l’éveil se crée et on va un peu pirater ce quotidien, faire face à cet ennui en saccageant la cuisine comme un gros lâcher-prise.»

Cette quatrième création de la troupe française clôt un cycle basé sur l’intérieur et l’intériorité, explique Bolo. «J’ai fait une pièce sur le living room, une autre sur le jardin, un spectacle où le décor était formé de toits urbains… Je trouvais que la cuisine, au sens de cuisine intérieure, trouvait bien sa place pour terminer ce cycle, affirme-t-il. On part d’un endroit assez monochrome et monotone pour aller vers quelque chose de flamboyant et d’explosif. On plonge vers l’intériorité du corps pour passer de quelque chose de gris à quelque chose de très coloré, teinté de hip-hop, et on va saccager la cuisine non pas avec des aliments, mais avec de la peinture.»

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Et parlant de hip-hop, le metteur en scène considère que La cuisine de Pan est davantage un spectacle de danse qu’un spectacle de cirque à proprement parler, ce qui n’empêche toutefois pas les artistes circassiens d’y avoir leur place. «Denis Faillon, un des interprètes, est acrobate aux mâts chinois, et en plus de sa discipline, il a un super jeu de personnage, décrit Bolo. Du coup, je trouvais qu’il avait bien sa place dans le projet avec les quatre autres danseurs de hip-hop.»

Le spectacle étant très dansé, le chorégraphe accorde une grande importance à la trame sonore, composée à partir de musiques existantes et d’échantillonnages de bruits du quotidien – radio, télé, etc. «Ce sont des musiques qui peuvent paraître posées gratuitement sur la table, mais elles sont représentatives des états d’âme associés à la quotidienneté.»

Du reste, les chorégraphies sont créées de façon collective, suivant les suggestions des danseurs, qui ont un grand rôle dans la création du spectacle, en particulier Annabelle Loiseau, co-fondatrice de la compagnie, affirme Pierre Bolo. «On travaille sur des idées, sur des musiques, on les éprouve, on revient dessus, on les laisse tomber, énumère-t-il. Et tout ça est nourri par de l’improvisation. C’est ce qui fait la magie du spectacle vivant, qui le rend humain. Il y a une part d’humanité forte dans la compagnie.»

La cuisine de Pan
À l’Usine C
Samedi et lundi à 19 h et dimanche à 16 h et à 19 h

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