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Le renouveau de Dany Placard

Photo: Sarah Marcotte-Boislard

Deux ans après un album pop rock où il brossait une dizaine de tableaux de femmes poquées par la vie, Dany Placard propose Démon vert. Un nouveau chapitre plus folk et globalement lumineux.

C’est un Dany Placard radieux qui s’est pointé dans un café du Mile End pour causer de Démon vert, son tout nouvel album sur lequel il se fait très intimiste côté sentiments amoureux mais aussi, chose plus rare en chanson, sur sa carrière de combattant plus ou moins marginal.

Ainsi, dans la pièce Parc’qui m’fallait, un exutoire poignant, il évoque les difficultés inhérentes à sa vie d’artiste. Au moment des bilans, même si on n’a que 36 ans, il arrive que les rêves «starifiés» de jeunesse cèdent la place à une réalité moins glamour. «Moé, la fin de semaine, je joue dins bar, j’m’ennuie de ma femme pis de mes enfants, j’reviens brûlé plus souvent qu’autrement», chante-t-il.

Mais si c’était à refaire, monsieur Placard, emprunteriez-vous les mêmes sentiers? «Je referais ce que j’ai fait. Mon parcours, surtout pour mon portefeuille, n’a pas toujours été facile. Si j’avais été plus pop, j’aurais peut-être fait plus de cash, mais serais-je plus heureux? En ce moment, je suis capable d’en vivre de façon correcte», avance l’artiste, qui officie aussi en qualité de réalisateur de disques pour plusieurs de ses collègues auteurs-compositeurs.

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Et c’est peut-être parce qu’il était dans une phase Bob Dylan-Neil Young, deux artistes qui le touchent profondément, qu’il a choisi cette fois d’opter pour une session d’enregistrement live. Session qui a duré cinq jours et qui confère aux pièces, créées dans le chuchotement des petits matins, un son organique, texturé et très authentique.

Et c’est peut-être encore une fois sous l’influence des deux folk singers que Placard, qui en joue depuis longtemps, s’est permis, pour la première fois de sa carrière, de faire la part belle aux harmonicas sans renier les cuivres qu’il affectionne depuis toujours.

Et basta, les concessions commerciales! «Quand tu fais un disque, l’important, c’est d’être convaincu de faire le meilleur album possible au moment où tu le fais, et c’est mon cas. On ne doit pas penser qu’aux ventes de disques. Sur mon album précédent, je m’étais dit, vu qu’il était rock, qu’il passerait peut-être à la radio. Ça n’a pas été le cas. Tant pis. En fait, la création, c’est un coup de dés. L’essentiel, c’est de les lancer!»

Dany Placard, Démon vert
Lancement mardi au Lion d’Or, en formule 5 à 7

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