La douce lumière du Nord de Catherine Durand
Pour son cinquième chapitre, Catherine Durand livre une introspection mélancolique teintée d’abandon où les échafaudages musicaux côtoient des atmosphères de clair-obscur et des envolées planantes.
«Je n’ai pas décidé de faire ce virage. C’est ça qui est flyé. Je ne me suis pas dit : “Je ne mettrai plus d’instrumentation folk dans mes chansons.” Les choses se sont faites naturellement. Les pièces que j’ai écrites invitaient à des arrangements plus vaporeux, plus éthérés, que pour mes albums précédents.
Sur ces derniers, nous retrouvions des pièces fondamentalement folk sur le plan de l’approche et des mélodies. Cette fois, c’était plus planant dans la façon d’écrire, plus indie aussi. Je n’avais donc pas envie d’insérer de la guitare ou de la mandoline là-dessus», explique la belle en cette journée ensoleillée au Café Placard à propos des Murs blancs du Nord.
«Lorsqu’on s’est réunis, Jocelyn (Tellier, coréalisateur) et moi, pour réfléchir à la direction que nous souhaitions prendre, il était manifeste que nous ne voulions pas refaire Cœur migratoire ou Diaporama. D’où l’idée d’insérer du clavier pour la première fois et de recourir pour cela au talent de François Lafontaine, qui est non seulement un super claviériste, mais également un excellent compositeur», poursuit Catherine Durand.
Elle souligne aussi que, même si cela s’est fait de façon inconsciente, cet encodé a été fortement marqué par un séjour de deux semaines en Islande. Pays où elle s’est rendue en compagnie d’une amie au début de janvier 2010 afin d’y célébrer un Nouvel An paraît-il mémorable et qui l’a touchée par ses climats ouateux et sa lumière basse.
«Ce n’est pas un album qui parle de l’Islande ou de l’hiver, mais je me suis rendu compte en relisant mes textes qu’on y trouve beaucoup de ces images subtilement imprégnées», analyse l’artiste dont lesdits textes font parfois référence à des moments «pas jojos» qu’elle a vécus au cours des dernières années. Mais cela toujours de façon à la fois gracieuse et empreinte d’espoir et de lumière.
Outre les guitares, la basse et le lap steel de Jocelyn Tellier, ainsi que les claviers et la B3 de l’ex Karkwa Lafontaine, on remarque sur cet album capté en cinq journées intensives la présence du batteur émérite Robbie Kuster, dit la pieuvre, qu’on a pu entendre notamment avec Patrick Watson ainsi qu’à l’occasion du mémorable événement Karkwatson (2008).
Ne reste donc plus qu’à adapter le florilège de ses albums précédents au parfum sonore du tout dernier. La douce Catherine sera alors de nouveau prête à suivre sa bonne étoile sur la route des salles du Québec, dès 2013…
Catherine Durand
Les murs blancs du Nord
Lancement ce mercredi, de 5 à 7
Au Lion d’Or, entrée libre