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Coraline: Voyage aux frontières du réel

1996. Pour la première fois de sa carrière, Neil Gaiman reçoit une invitation toute spéciale d’une université américaine : on lui demande de venir parler de son Å“uvre. L’auteur britanni­­que accepte avec empressement. Une fois à destination, Gaiman apprend que c’est le département des Arts, et non celui des Lettres, qui l’a invité aux États-Unis. Pire encore, la faculté d’anglais n’approuve pas du tout son séjour dans les murs de l’établissement.

«On me boycottait parce que j’écrivais de la bande dessinée et de la science-fiction, ce qui était considéré comme ayant peu de valeur», raconte-t-il en riant.

Comme les temps ont changé. Treize ans plus tard, sa série Sandman, publiée par DC Comics dans les années 1990, est enseignée dans plus de 200 universités dans le monde. Ses romans sont traduits en plusieurs langues, il a signé les scéna­rios d’une poignée de films à succès (Stardust, Beowulf) et on vient tout juste de lui décerner la médaille de Newbery pour The Gra­­ve­yard Book, son dernier roman.

Enfin, c’est aujourd’hui que Coraline, une adaptation cinématographique de son bouquin du même nom, prend l’affiche partout en Amérique du Nord.

Le film raconte l’histoire d’une fillette qui, après avoir poussé une porte secrète dans sa nouvelle maison, découvre un univers parallèle au sien, une version alternative de sa propre vie.

De prime abord, l’escapade semble fantastique et inoffensive. Le rêve se transforme toutefois en cauchemar à la suite d’un événement aussi inattendu que dangereux.

C’est à la demande de l’auteur que Henry Selick (The Nightma­re Before Christmas, James and the Giant Peach) a accepté de transposer le conte de Neil Gaiman au grand écran. Coraline est d’ailleurs le premier film à avoir été entièrement réalisé en stop motion (animation image par image) et le premier long métrage à avoir été tourné en 3D stéréoscopique.

«Je tenais vraiment à ce que Coraline ait la même allure que The Nightmare Before Christmas, explique Gaiman. Je ne voulais pas qu’on ait recours aux effets numériques. Ça, Pixar le fait mieux que quiconque. Je voulais qu’on y aille avec ce que Henry Selick fait mieux que quiconque, et c’est l’ani­­mation image par image.»

Clash des générations

Comme The Nightmare Before Christmas, Coraline donne des maux de tête à la critique, qui tente tant bien que mal de l’étiqueter. Un long métrage d’horreur pour gamins? Un conte noir pour papa et maman?

«Les adultes y voient une histoire tordue à propos d’une fillette en danger, tandis que les enfants y voient une aventure. Pour eux, c’est comme un James Bond», observe Neil Gaiman.

L’écrivain croit fermement que Coraline plaira aux enfants.

«Si on ne donnait pas de cadeaux à Noël, je suis convaincu que la fête préférée des enfants, ça serait l’Halloween. Il y a des sorcières, des vampires, des fantômes… Les mômes aiment les choses qui donnent la chair de poule, indique-t-il. En fait, si votre enfant préfère Noël, ne l’amenez pas voir Coraline!»

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