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Carcasses: Dans la marge

Marc-André Lemieux - Métro

Ce n’est un secret pour personne : Denis Côté aime les films marginaux. Après les énigmatiques États nordiques, Nos vies privées et Elle veut le chaos, le cinéaste québécois persiste et signe avec Carcasses.

Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival du film de Cannes, où il a été présenté hier, le long métrage explore un coin perdu de la Montérégie, où Jean-Paul Colmor se prête au recyclage et à la vente de vieilles pièces automobiles.

À mi-chemin entre la fiction et le documentaire, Carcasses met également en vedette des jeunes atteints de trisomie 21.

Nous avons rencontré le cinéaste avant son départ pour la Côte d’Azur, où il est allé rejoindre Xavier Dolan (J’ai tué ma mère) et Denis Villeneuve (Polytechnique), dont les derniers longs métrages se trouvent dans la même catégorie que Carcasses.

À votre avis, pourquoi Carcasses a-t-il élé sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs?
Les festivals cherchent un langage. Ils cherchent des propositions. Je crois que le côté baveux de Carcasses leur a plu. lls ont peut-être aussi aimé le mélange des genres : le mariage fiction-documentaire. Mais il y a sûrement plus que ça…

Que voulez-vous dire?
Les festivals, c’est du réseautage. Tout le monde se connaît. Il faut en être conscient. Je n’ai graissé la patte à personne, mais je savais que Cannes était la prochaine étape. Je ne suis pas blasé, mais il ne faut pas se leurrer, Cannes ne sélectionne pas seulement des films pour leurs qualités cinématographiques.

Carcasses est-il un hommage à la marginalité?
En quelque sorte, oui. Dans la vie, il y a des gens – comme Colmor – qui se sortent eux autres même de la société, et il y a ceux – comme les gens atteints de trisomie 21 – qu’on sort de la société.

D’où vient votre penchant pour l’étrange?
J’aime être perdu devant mon propre objet. Ça m’excite, c’est mon rush d’adrénaline. J’aime être sur la corde raide. Ça fait un peu prétentieux de dire ça, mais c’est vrai!

Vous semblez avoir peur qu’on vous trouve prétentieux…
Des fois, je joue au modeste, mais au fond, je suis très ambitieux. Je prends mes films très au sérieux. Je ne veux pas que ça ressemble à des films faits entre chums où on voit le micro dans le haut de l’écran. Je veux qu’ils fassent le tour du monde. Mais si, en plus de faire du cinéma d’auteur, tu y colles de la prétention, c’est trop!

Votre cinéma est-il destiné au grand public?
Non. Mon travail ne relève pas du divertissement. Je dois juste éviter de m’enfoncer dans le cérébral et dans l’hermétisme. Les gens n’applaudissent jamais comme des malades après avoir vu mes films. Ils sont tout le temps perplexes. Et c’est exactement ce que je recherche.

Carcasses
En salle dès le 29 mai

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