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Jean-Paul Lilienfeld / La journée de la jupe: Débat de société

Marc-André Lemieux - Métro

Jean-Paul Lilien­feld a particulièrement hâte de commencer l’écriture de son prochain long métrage, car depuis la sortie françai­se de La journée de la jupe, en mars dernier, son emploi du temps ressemble plus à celui d’un homme politique qu’à celui d’un cinéaste.

Après avoir assisté à d’innombrables rencontres entre professeurs, pris part à plusieurs débats et partici­pé à de multiples entrevues pendant lesquelles on lui demandait son opinion sur divers sujets chauds de l’actualité, le réalisateur est prêt à retrouver sa plume… et à laisser les discours sur l’immigration, la religion, le racisme, l’éducation et le sexisme derrière lui.

«En tournant le film, je ne me doutais pas de toutes les questions qu’il pourrait soulever! rigole le cinéaste à l’autre bout du fil. C’est toujours surprenant de se faire demander ce genre de trucs quand on n’est pas un politicien.»

Lilienfeld aborde de front les nombreux problèmes que peuvent connaître les jeunes des banlieues dans La journée de la jupe.

Isabelle Adjani y incarne une enseignante qui n’ar­rive plus à assurer ses cours. Bousculée et insultée par ses élèves, elle est au bout du rouleau. Lors d’un cours particulièrement chaotique, et après avoir découvert un flingue dans le sac d’un lycéen turbulent, elle retourne l’arme contre ceux qui la terrorisent depuis trop longtemps.

«C’est un concentré de réalités plutôt sombres, mais avec une touche d’espoir à la fin», souligne le réalisateur, qui signe ici son premier drame, après HS hors service et Qua­tre garçons pleins d’ave­nir.

Les émeutes de 2005
C’est à la suite des émeutes de 2005 dans les banlieues françaises que Jean-Paul Lilienfeld a écrit La journée de la jupe. Lui-même issu de ces quartiers dits «sensibles», le cinéaste a tracé les grandes lignes de l’intrigue après avoir été bouleversé par le témoigna­ge à la télévision d’une mère de famille au bord de la crise de nerfs. Celle-ci racontait comment elle se couchait devant la porte de son appartement pour empêcher ses filles de sortir pendant la nuit.

«Pendant qu’elle parlait, on nous montrait des ima­ges de voitures de police, de cocktails Molotov et de jeunes qui couraient dans tous les sens, explique Lilienfeld. Et je me rappelle avoir été frappé par une chose à ce moment-là : on ne voyait pas la moindre fille. Et pourtant, quand j’habitais en banlieue, les bêtises qu’on faisait, elles étaient mixtes…»

Changer le monde avec un film, le réalisateur n’y croit pas. «Je crois toutefois qu’un long métrage peut provoquer des débats et soulever des questions… ce qui n’est déjà pas si mal», conclut-il.

La journée de la jupe
En salle dès aujourd’hui

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