Culture
21:45 2 décembre 2012 | mise à jour le: 26 juin 2013 à 12:03 Temps de lecture: 4 minutes

Robby Krieger: Doors, jazz et flamenco

Robby Krieger: Doors, jazz et flamenco
Photo: Getty

Ce jeudi, le guitariste des Doors, Robby Krieger, sera à Montréal pour présenter Singularity, un disque instrumental fait de jazz et de flamenco qui illustre son grand amour de la guitare. Il nous parle du concert à venir et de certains événements passés.

Robby Krieger affirme qu’il a commencé à faire du rock «grâce à un joli accident». Mais que le flamenco, ça, il en a toujours joué. Son père avait tout plein de disques, et lorsqu’il était petit, il pigeait souvent dans sa collection. «J’adorais et j’adore toujours ce son, confie-t-il au bout du fil. Je le trouve très pur, organique.» Sur Singularity, son dernier album instrumental paru en 2010, Krieger renoue avec ce style auquel il dit «ne pas avoir touché depuis Spanish Caravan», extrait de Waiting for the Sun, le troisième disque des Doors. «Ça fait du bien de revenir à mes racines!» rigole le musicien de Los Angeles.

Cette semaine, Krieger sera de passage à Montréal pour présenter ce disque qui lui tient très à cœur. «Sur scène, je ne joue pas les passages acoustiques flamencos, prévient-il. C’est trop difficile de transmettre le son comme il faut dans un petit club.»

Il n’y a pas à dire, ces jours-ci, le guitariste se porte bien. Avec son ami Ray Manzarek, qui fut claviériste à ses côtés dans les Doors, Robby a récemment participé au clip de Breakn’ a Sweat. Une chanson signée par le DJ et pro du «brostep» Skrillex. «C’était vraiment plaisant, même si c’était quelque chose de complètement différent!» s’exclame-t-il avant de confier à quel point il est toujours impressionné par le nombre d’ados qui viennent le voir pour lui parler des Doors. «On est chanceux qu’ils nous aiment autant. Pour une raison obscure, nos vieilles chansons continuent de plaire aux jeunes!»

Affable, Krieger continue en nous rappelant que, dans son parcours et dans sa carrière, deux personnes ont été particulièrement marquantes. Elvis et Chuck Berry. Elvis, parce qu’il a «changé sa vie». «Avant lui, il n’y avait pas de rock and roll, souligne le musicien. Alors, quand j’ai entendu Hound Dog, man, c’était fini!» Et puis Chuck Berry, parce qu’il l’a incité à attraper une guitare électrique. «Je l’ai vu en concert et le lendemain, j’étais au pawnshop pour m’acheter ma première SG. C’était au Ace Loans, à Santa Monica. Elle m’a coûté 180 $.»

La suite de l’histoire, on la connaît. Un beau jour, le jeune Robby s’est pointé au local de répétition où Jim Morrison, Ray Manzarek et John Densmore s’affairaient et il a joué de la slide sur Moonlight Drive. Fasciné, Jim a souhaité que ce son se retrouve sur «toutes, toutes, toutes les chansons». «J’adorais le blues, surtout celui de Robert Johnson et de Blind Lemon Jefferson, rappelle l’artiste. Je voulais faire comme eux. Mais ça faisait seulement six mois que je jouais de la guitare électrique quand j’ai joint les Doors. Ce n’est pas comme si j’étais un débutant, mais j’étais encore en train de découvrir de nouveaux sons et de nouvelles façons de jouer. Avec le recul, je pense que mon manque d’expérience m’a été très profitable.»

Aujourd’hui, Robby continue ses explorations sonores. «C’est ça qui rend mon métier intéressant! Je joue presque tous les jours, je compose fréquemment. Sinon, qu’est-ce que je pourrais faire d’autre?»

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«Ces chansons sont comme mes enfants…»

Robby Krieger a composé certaines des meilleures chansons des Doors. Love Me Two Times, Touch Me, Love Her Madly… et bien sûr Light My Fire. La première qu’il ait écrite en tant que membre du groupe et qu’il a bouclée en un seul week-end.

«Celle-là, c’était exceptionnel, se souvient-il en riant. Un, deux jours et voilà! Comme un éclair!»

Et les autres? «Ç’a pris plus de temps. L’écriture, pour moi, a toujours été un procédé très lent. Ça me prend parfois un, deux mois.»

Cela dit, Robby assure que, parmi toutes ses créations, il n’y en a pas une qui le rende plus fier qu’une autre. «Ce sont comme mes enfants. Je les aime tous également.»

Robbie Krieger
À l’Upstairs
Jeudi à 19 h et 21 h 45

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