RJD2 @ La Tulipe
- RJD2 @ La Tulipe
Mercredi 10 mars
Je me souviens des «vieux» qui disaient que le hip-hop n’était qu’une mode. C’était au début des années 1990. Un peu en même temps qu’un autre genre de sceptiques nous avertissait que l’internet ne ferait que passer. Ils nous voyaient nous habiller de manière un peu ridicule (je l’avoue) : pantalons en bas des fesses, souliers détachés avec deux paires de bas pour qu’ils aient l’air plus gros, casquette vissée sur la tête et t-shirt XXXL. J’admets qu’être mon père, je crois que j’aurais aussi espéré que ce ne soit qu’une mode.
Musicalement, le rap et le hip-hop étaient complètement nouveaux et révolutionnaires. Une mode!? C’était la voix d’une génération. Un temps nouveau, plus individualiste, où tout le monde pouvait s’en sortir. Avec le recul, on peut même le comparer à la démocratisation des technologies d’aujourd’hui (caméra vidéo, photo, etc.). On n’avait besoin d’aucun instrument, ni même de micro pour faire valoir ses talents de rappeur. Suffisait de cracher ses rimes et qu’un public les reçoive.
L’influence
Plus personne aujourd’hui n’oserait mettre en doute l’influence du hip-hop sur la musique. Ce serait comme dire que l’internet n’est qu’une vulgaire mode. Son influence s’étend même, au-delà du rock, de la pop et du punk, jusqu’au design, à la mode… à tout. Le hip-hop s’est donc fragmenté, divisé en plein de sous-genres. Certains ont su tirer leur épingle du jeu en créant de nouveaux genres musicaux. C’est le cas, entre autres, de l’Américain RJD2, âgé de 33 ans et originaire de l’Oregon.
Dans la veine des DJ Shadow, Coldcut et Mr Scruff, RJD2 a su développer un son unique : un hip-hop électronique instrumental influencé autant par le funk que par la pop. Depuis 2002, il a sorti quatre albums et on ne compte plus ses productions ayant été utilisées dans des publicités et des émissions télévisées. Ces gars-là ont pavé la voie à un hip-hop moins connu qui se retrouve rarement sous les projecteurs, et RJD2 en est l’un des pionniers de cette musique.
Désormais à la tête de son propre label, il vient de lancer l’opus The Colossus. Je vous conseille vivement le concert de mercredi prochain. Pour pouvoir voir des «vieux», casquette vissée sur la tête et pantalons en bas des fesses. La Tulipe, 4530, avenue Papineau
- DJ Klever + Arthur King @ SAT
Vendredi 5 mars
Tout ça pour mettre la table pour DJ Klever, originaire d’Atlanta. Une pointure pour faire bouger le dancefloor à grands coups de hip-hop, de crunk, d’électro, de b-more et autre gros sons lourds et suants. On ne le sait pas, mais il y a 10 ans, Klever a été le champion DMC des États Unis. Dix ans plus tard, il est toujours au sommet de son art, dans un rôle où il n’a plus besoins de trophée, mais où l’énergie dépensée sur le dancefloor lui convient. Une solide virée en perspective, croyez-moi. What up gangstars! SAT, 1195, boulevard Saint-Laurent
- We Are Wolves @ Musée d’art contemporain
Vendredi 5 mars
Le trio de loups ne fait pas que dans le post-punk futuriste. Ce sont aussi des artistes visuels à temps partiel. Rien d’étonnant, donc, de les voir dans le contexte des Vendredis Nocturnes du Musée d’art contemporain. Une belle initiative du musée, qui mêle expos, performances live et soirée style 5 à 7 le premier vendredi de chaque mois. Une fois le prix d’entrée payé (tarif d’admission générale), vous aurez accès à toutes les salles d’exposition ainsi qu’à un service de bar. Puis, à 19 h, We Are Wolves donnera un spectacle d’une heure qui sera retransmis sur écran géant ailleurs dans le musée, la capacité de la salle où aura lieu le concert étant limitée.
Musée d’art contemporain, 185, rue Sainte-Catherine Ouest