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Pierre Lapointe: Le vrai gars

Marc-André Lemieux - Métro

Pierre Lapointe renoue avec le public des FrancoFolies pour une neuvième année consécutive avec non pas un, mais trois concerts. Seul au piano, le chanteur révèle une autre facette de sa personnalité.

Vous ne verrez jamais Pierre Lapointe s’égosiller dans un karaoké. «Je suis du genre à me cacher dans un coin, révèle-t-il en entrevue. Ça me rend trop mal à l’aise.» Pour un gars qui ga­gne sa vie en poussant la note en public, il s’agit là d’une drôle de confession. Pierre Lapointe est le premier à l’admettre. Mais comme le souligne le jeune homme de 29 ans, sa hantise des tours de chant improvisés ne date pas d’hier. D’aussi loin qu’il se souvienne, Lapointe n’a jamais aimé entonner une mélodie en privé.

«Les gens qui m’entourent ne m’ont jamais entendu chanter ailleurs que sur une scène, affirme-t-il en riant. J’ai joué du piano dans la même maison que mes parents, et la première fois qu’ils m’ont vu chanter, c’était à Cégeps en spectacle!» «Dans un parc ou dans un party, quand quelqu’un sort sa guitare pis que tout le monde se met à chanter en gang, ça me gêne! Je ne suis pas capable. Je ne sais pas comment réagir, poursuit-il. La plupart des auteurs-compositeurs aiment bien dire : « Hey! Viens, je vais te jouer ma nouvelle toune! » Avec moi, ça n’arrive pas.»

Fort heureusement pour lui (et pour nous), Pierre Lapointe ne souffre pas de cette phobie quasi maladive sous le feu des projecteurs,  dans une salle bondée. Voilà pourquoi cette semaine, il lui sera possible de donner – comme prévu – ses trois concerts aux FrancoFolies de Montréal. Dans un premier temps, il foulera les planches du Club Soda, où il mettra fin à sa tournée Sentiments humains en compagnie de ses fidèles musiciens. Après quelques jours de repos, il déménagera ses pénates au Théâtre Maisonneuve pour un spectacle seul au piano, le même qu’il avait proposé l’automne dernier au Lion d’Or dans le cadre de Coup de cÅ“ur francophone.

Quand nous avons eu la chance d’assister à cette prestation acoustique en novembre dernier, nous y avons découvert un Pierre Lapointe relaxe, simple et résolument drôle. Une star sans prétention, à l’inverse de l’image qu’elle projette à l’occasion. «Les gens qui viennent voir le show en solo ont accès au vrai gars. Et ça les surprend de voir qu’au fond, je ne suis pas complexe, comme être», note le principal intéressé.

Pierre Lapointe sait qu’il existe un décalage entre ce qu’il est vraiment et la perception qu’en a le public. Il attribue ce déphasage au look de dandy qu’il arborait au début de sa carrière, mais également à la gravité de certaines de ses chansons. «Dans la vie de tous les jours, je ne suis pas quel­qu’un qui se prend la tête ou qui se prend au sérieux, souligne-t-il. Je ne suis pas du type qui écrit de la poésie en mangeant ses Corn Flakes le matin. Je ne bois pas de porto à 4 h du matin avec des amis en parlant de Rimbaud. Ce n’est pas moi.»

À défaut de se ronger les sangs à l’idée que de fausses croyances circulent à son sujet, Lapointe préfère en rire. C’est d’ailleurs ce qu’il a fait lors­que, récemment, une vendeuse lui a lancé : «Ah! Vous n’êtes pas frais chié. Vous êtes souriant!» Le chanteur ne ressent pas le besoin de rétablir les faits en multipliant les apparitions dans les médias. Ce qu’il souhaite partager avec le public se retrouve dans ses chansons, précise-t-il.

«Les gens qui ont accès au vrai de vrai Pierre, je peux les compter sur les cinq doigts de la main, note-t-il. Je suis très réservé sur ma vie privée. Je n’ai jamais pris de photos avec mes parents. Je n’ai jamais participé à un truc du genre « Venez visiter mon appartement » avec un magazine à potins. Je ne veux pas tomber là-dedans. Je veux demeurer à la fois mystérieux et accessible.»

Le corps et la tête
Cette année,  Pierre Lapointe se dit heureux de ne pas présenter un événement à grand déploie­ment dans la même veine que Mutantès ou le spectacle de clôture de l’édition de 2007 avec l’Orches­tre métropolitain du Grand Montréal. «Quand je repense à ça, je me dis : « Je pouvais bien perdre du poids! » s’exclame le chanteur. Dans ce genre de truc, ma tête fait : « Ah yes! Ça va être l’fun! » Mais mon corps, lui, dérape complètement. Ça me prend deux mois à m’en remettre!»

Pierre Lapointe
Au Club Soda
Demain et mercredi à 19 h

Seul au piano
Au Théâtre Maisonneuve
Samedi à 20 h

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