Culture

Cette semaine, Métro craque pour: Game of Thrones, Exarcheia, Rafiki…

Cette semaine, Métro craque pour: Game of Thrones, Exarcheia, Rafiki…
Photo: HBOGame of Thrones

Le retour de Game of Thrones

On l’attendait, avec une pointe de tristesse, le début de la fin. La fin d’un phénomène télé qui nous fait lire et écouter des analyses, des théories dès que le générique de fin défile. La fin du monde créé par George R. R. Martin; qu’en restera-t-il vraiment le 19 mai, quand les «marcheurs blancs» arriveront à destination? Bran le dit dans le premier épisode : on n’a pas le temps pour ça. Ça, étant de prendre six épisodes pour traverser mers et prairies. Ça, étant d’attendre des semaines la réunion de deux personnages­. Oh non! On avait accéléré le rythme la saison dernière (en 2017!), mais là, en un seul épisode on met des personnages-clés (Jon, qui ne sait rien) au fait de ce que nous, humbles spectateurs, savons depuis un moment. Des histoires d’héritages, de trahisons, de manigances – on en raffole, donc on redoute l’abîme que créera la fin de cette série. -Carine Touma

 

Exarcheia, le chant des oiseaux

«Quelle crise? Les gens étaient déjà fous.» Cette réplique d’une barmaid d’Exarcheia résume bien l’état d’esprit des habitants du quartier d’Athènes qui font l’objet du documentaire. Comment la Grèce et leur ville en sont-elles arrivées là? La caméra intime de Nadine Gomez nous amène dans les ruelles couvertes de graffiti où «une des attractions locales, c’est la police». On discute, assis au bar, on danse dans la rue, on répète une pièce de théâtre. Sont-ils les «anarchistes d’Exarcheia» ou des poètes d’un paradis perdu? Aucune narration, aucune présentation, aucune référence de classe sociale ou d’éducation. Au spectateur d’être inspiré par les propos ou choqué par l’égoïsme. À l’affiche demain. -Carine Touma

Rafiki

Premier film kenyan projeté au Festival de Cannes, Rafiki («ami» en swahili) a pourtant été interdit dans son pays. La raison? Le long métrage de la réalisatrice Wanuri Kahiu raconte l’idylle entre deux jeunes femmes, un énorme tabou dans un Kenya où l’homosexualité est punie par la loi. Si cette histoire à la Roméo et Juliette est parfois un peu simpliste, on a tout de même apprécié sa vision d’une Afrique jeune et décomplexée et le jeu espiègle de ses deux têtes d’affiche, Samantha Mugatsia et Sheila Munyiva. Sans parler de l’excellente trame sonore et de l’esthétique pop qui habille le film. En salle vendredi. -Benoit Valois-Nadeau


Cuisine botanique

Stéphanie Audet n’a pas chômé depuis qu’elle a créé les menus des restaurants végétaliens LOV. Parallèlement à l’ouverture de son restaurant à Lisbonne,au Portugal, le Senhor Uva, la chef a cuisiné cet inspirant livre de 80 recettes où légumes, grains, feuilles, herbes et fruits sont à l’honneur. Tant les néophytes que les cuisiniers aguerris y trouveront leur compte: ils y découvriront non seulement des ingrédients inusités, comme le pollen et les fleurs comestibles, mais ils y apprendront aussi à redécouvrir les classiques betterave et chou-fleur. Aux Éditions du Journal. -Jessica Dostie

 

Le nouveau

En quelque 200 pages, Tracy Chevalier (La jeune fille à la perle) arrive encore une fois à nous émouvoir. Ici, elle remonte le temps jusqu’aux années 1970 dans une banlieue de Washington, où le fils d’un diplomate ghanéen est accueilli dans une nouvelle école. Bien évidemment, son arrivée ne passe pas inaperçue, et pas nécessairement pour les bonnes raisons. Voilà un récit bien dosé qui ne laissera personne de marbre. Aux éditions Phébus. -Jessica Dostie

 


Les pires moments de l’histoire

Non, ce n’était vraiment pas mieux dans le «bon» vieux temps. L’humoriste Charles Beauchesne nous le rappelle en synthétisant de sinistres pages d’histoire sur un ton facétieux dans ce balado en cinq épisodes. En plus des récits troublants de Raspoutine – dont les yeux, à eux seuls, sont terrifiants – et de Vlad dit «l’Empaleur» – on vous laisse deviner l’origine de son charmant surnom –, on a droit à un génial top 10 des pires papes façon 6 à 6 CKOI avec, entre autres, Urbain VI, le «pape douchebag». Un colossal travail de recherche se cache derrière la livraison désinvolte de ce surprenant balado. -Marie-Lise Rousseau

 


Chilling Adventures of Sabrina

C’est avec plaisir qu’on revient dans la ville de s pour suivre les nouvelles aventures de Sabrina Spellman. Si la première saison affichait un féminisme pop un brin incohérent (à l’image de la série Riverdale), Sabrina et sa famille se battent maintenant de façon assumée contre le patriarcat, tant du côté des sorciers que des mortels. Mention spéciale à l’histoire de transition d’un des personnages secondaires, qui est présentée de belle façon, en évitant clichés et drama. Une série «bonbon», certes, mais qui a gagné en maturité. Sur Netflix. -Josie desmarais

Et on se désole pour…

Notre-Dame de Paris

Comme tout le monde, c’est avec stupeur qu’on a assisté en direct à la quasi-destruction de ce chef d’œuvre de l’art gothique. De tout temps, la grande dame de Paris a inspiré les artistes, de Victor Hugo à Marc Chagall (et n’oublions pas Luc Plamondon!), mais malheureusement l’incendie de lundi a aussi inspiré les conspirationnistes. Dans ce qui est devenu routinier à chaque catastrophe, les théories du complot ont fusé avant même que le brasier ne soit éteint : attaque terroriste, cover-up du gouvernement, inventions des médias… Un triste flot de mensonges motivés par la haine qui vient brouiller notre compréhension des événements. -Benoit Valois-Nadeau