Une foule en délire pour Justin Bieber
Une jeune fille de 12 ans, ça crie fort, très fort. Et quand elles sont près de 18 000 à s’époumoner, les bouchons sont de mise. Au lendemain de sa récolte de quatre prix aux American Music Awards, Justin Bieber foulait les planches du Centre Bell lundi soir. Et à en juger par le déluge de décibels que chacun de ses gestes provoquait, le triomphe s’est poursuivi en sol québécois.
Le blanc-bec ontarien est apparu à la foule en délire à l’intérieur d’une sphère qui n’était pas sans rappeler l’énorme boule disco dans laquelle Madonna avait ouvert son spectacle il y a quelques années. Après un festival de boucane et de rayons laser, la coqueluche adolescente a donné le coup d’envoi au concert avec Love Me. Éntouré de quatre choristes, de cinq musiciens et de quatre danseurs, Justin Bieber y est allé d’une série de steppettes parfaitement exécutées, le tout sans que sa voix s’en ressente.
Lipsynch, vous dites? On soupçonne The Biebs d’avoir eu recours à des bandes préenregistrées à quelques reprises pendant la soirée. Pas besoin de dire que ce détail n’a pas semblé tempérer l’enthousiasme des spectatrices, trop occupées à s’égosiller pour remarquer quoi que ce soit. Histoire de montrer à ses fans l’étendue de ses talents, Justin Bieber a joué, seul à la guitare, les pièces I’ll Never Let You Go et Favorite Girl, juché sur une structure en forme de cÅ“ur qui survolait le parterre.
Bieber plaît aux fillettes, et il le sait… un peu trop même. À plusieurs reprises au cours du spectacle, il a joué la carte du don Juan prépubère, multipliant les déclarations clichées et les regards simili-langoureux en direction de l’auditoire. Avant One Less Lonely Girl, il a même posé les questions suivantes à ses (très) jeunes fans : «Combien d’entre vous sont célibataires? Et combien se sentent seules?»
On a beau s’en prendre à sa pop usinée, à son goût pour les effets de mise en scène clinquants (au rappel, il apparaît au piano dans un nuage de fumée pour Down to Earth), à sa voix de gamin qui n’a pas encore mué et à sa coupe de cheveux (à force de vouloir que son toupet retombe sur ses yeux, il a développé un tic, celui de secouer la tête vers l’avant), on ne peut nier une chose : l’hystérie qu’il sème tient du phénomène. Combien de temps cette frénésie va-t-elle durer? Les paris sont ouverts.