Culture
05:30 2 septembre 2020 | mise à jour le: 2 septembre 2020 à 08:30 temps de lecture: 5 minutes

Réalité virtuelle: la Mostra de Venise débarque à Montréal

Réalité virtuelle: la Mostra de Venise débarque à Montréal
Photo: Centre Phi/Collaboration spécialeUne image du court métrage de réalité virtuelle Once Upon a Sea

À défaut de pouvoir se déplacer dans la charmante ville de Venise pour la 77e édition de sa célèbre Mostra, qui prend son envol mercredi, la Mostra s’amène chez nous, à Montréal. Les 44 œuvres de son volet Venice VR Expanded, rendez-vous phare du cinéma en réalité virtuelle, sont présentées en exclusivité canadienne au Centre Phi jusqu’au 12 septembre. En voici six qui ont retenu notre attention.

Once Upon a Sea

Cette coproduction interactive du Canada et d’Israël réalisée par Adi Lavy est portée par une douce poésie. La mer Morte, cette étendue d’eau très salée située au croisement de la Jordanie, de la Cisjordanie et d’Israël, est à la fois sujet et narratrice de ce documentaire. D’une voix hors champ, elle nous raconte l’histoire de sa formation, nous fait plonger sous ses eaux, nous fait remonter à sa surface, puis nous met en garde des impacts des bouleversements climatiques sur son bien-être. Enfin, elle nous amène à la rencontre une peintre venue s’établir à ses côtés pour profiter de ses vertus thérapeutiques. Un fascinant portrait d’un lieu mythique.

Minimum Mass

Randa et Sky attendent leur premier enfant. On fait la connaissance de ce sympathique couple alors qu’il rentre chez lui en voiture, dans la noirceur, par un chemin sinueux qui rappelle Mulholland Drive de David Lynch. Ils viennent d’acheter un lit pour leur bébé. Ils le montent. Puis, le pire arrive: une fausse couche. Et une autre. Et encore une autre. Cette série d’épreuves affecte profondément les deux personnages, qui en viennent à croire que leurs enfants naissent dans d’autres dimensions. Ce très touchant court métrage interactif signé Raqi Syed et Areito Echevarria porte à réfléchir sur le deuil, l’absence, l’espoir et l’amour.

The Book of Distance

Voilà un court métrage autobiographique original. L’artiste canadien d’origine japonaise Randall Okita raconte ici le parcours migratoire de son grand-père, Yonezo Okita. Ce dernier a quitté la ville d’Hiroshima pour se rendre à Vancouver en bateau dans les années 1930. Comment dire au revoir à ses proches sans savoir si on les reverra? Quoi amener avec soi à l’autre bout du Pacifique? Le spectateur est appelé à accomplir des tâches – ouvrir un livre, lancer un fer, remplir une valise – au fur et à mesure qu’il découvre le pèlerinage éprouvant de cet homme marqué par la guerre et le racisme. Un très beau portrait de l’expérience d’immigration et de son impact sur les générations suivantes.

Agence

Étant donné que plusieurs des films présentés dans la sélection de Venice VR Expanded sont interactifs, l’expérience de visionnement s’apparente souvent à celle du jeu vidéo. C’est particulièrement le cas dans ce court métrage produit par l’Office national du film (ONF), car le spectateur est le maître du jeu, donc du récit. À l’aide de sa manette, il contrôle la vie d’une série de créatures dotées d’une intelligence artificielle qui vivent sur de petites planètes. Il peut contribuer à la floraison de cette société harmonieuse ou encore semer le chaos et mener ces personnages à leur perte. Une œuvre ludique réalisée par le cinéaste Pietro Gagliano.

Au pays du cancre mou

Dans ce court métrage animé réalisé par l’artiste québécois Francis Gélinas, un jeune garçon demande à sa grande sœur comment elle fait pour ne plus avoir peur du noir. Cette dernière l’entraîne alors dans une aventure fantastique qui prend place dans des univers parallèles superbement illustrés. Au cours de ce périple onirique parsemé de créatures sombres et inquiétantes, elle le guidera afin qu’il apprenne à affronter ses peurs par lui-même. Une jolie incursion dans l’imaginaire débordant de l’enfance qui met l’emphase sur la puissance des liens fraternels.

The Hangman at Home

Un pépin technique lors de notre visite nous a empêchés de visionner cette œuvre très attendue de la Mostra, qui est adaptée du poème du même titre de Carl Sandburg. On a tout de même pu en voir quelques images, qui ne laissent aucun doute sur les talents d’illustrateurs des cinéastes Michelle et Uri Kranot. Narré par Anne Dorval, The Hangman at Home explore les possibles réponses à cette question lourde de sens: à quoi pense le bourreau lorsqu’il rentre chez lui après le travail? L’expérience interactive, dans laquelle le spectateur se promène dans sa maison, permet de prendre conscience de son influence sur les événements et des conséquences de nos décisions.

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