Culture
09:11 4 septembre 2020 | mise à jour le: 4 septembre 2020 à 11:42 temps de lecture: 6 minutes

7e ciel: on craque pour «I’m Thinking of Ending Things» et le FME

7e ciel: on craque pour «I’m Thinking of Ending Things» et le FME
Photo: NetflixJessie Buckley dans «I’m Thinking of Ending Things»

Les journalistes de Métro vous présentent leurs sept coups de cœur culturels de la semaine, dont le film I’m Thinking of Ending Things, le Festival de musique émergente et l’exposition Un cœur nomade consacrée à Dany Laferrière.

I’m Thinking of Ending Things

La protagoniste au nom changeant de ce nouveau long métrage de Charlie Kaufman, n’a qu’une phrase dans ses pensées, celle du titre de ce film. En version française: Je veux juste en finir. En finir de cette relation avec Jake (impeccable Jesse Plemons) qui dure depuis six ou sept semaines. Qui dure depuis déjà trop longtemps. Cette pensée l’obsède alors que le couple est en route vers la maison des parents de Jake, qu’elle s’apprête à rencontrer pour la première fois. Visiblement, Lucy – ou Louisa? – se sent prisonnière de sa relation avec cet homme étrange. Comme spectateur, on se sent nous aussi parfois prisonnier en regardant ce casse-tête cérébral, mais dans le bon sens du terme. Car ce film énigmatique et poétique peut être interprété d’infinies façons. La mise en scène de Kaufman est comme toujours sublime, empruntant ici avec brio les codes du cinéma d’horreur, ce qui crée une tension à couper le souffle. Dans le rôle principal, Jessie Buckley est tout simplement époustouflante.
Sur Netflix
Marie-Lise Rousseau

La programmation du FME

Nobro, Les Deuxluxes, Corridor, Backxwash, Anachnid, Flore Laurentienne, KNLO, Brown Family… En cinq semaines, le Festival de musique émergente (FME) a réussi à rassembler de très beaux noms sur l’affiche de sa 18e édition, qui a lieu en fin de semaine. On ne peut que se réjouir de la tenue de l’événement, qui sera à la fois le premier et le dernier festival de musique de l’été. Quelque chose nous dit que les spectacles en formule réduite qui y seront présentés seront mémorables.
Jusqu’à samedi à Rouyn-Noranda
Marie-Lise Rousseau

Un cœur nomade

Voilà déjà 35 ans que Dany Laferrière nous partage avec sa plume colorée et parfumée des facettes de sa vie, de Petit-Goâve à Paris en passant bien sûr par Montréal. Pour souligner cet anniversaire professionnel, le commissaire Félix Dagenais a sélectionné près d’une cinquantaine de pages tirées de ses trois romans dessinés. Exposées sur des panneaux géants, elles relatent la vie et l’œuvre – l’un ne va pas sans l’autre! – de l’académicien. Du mercredi au dimanche en soirée, s’ajoute au parcours la projection architecturale animée L’exil vaut le voyage sur la façade du pavillon Président-Kennedy de l’UQAM.
Sur la promenade des Artistes du Quartier des spectacles jusqu’au 1er novembre
Marie-Lise Rousseau

Whole New Mess d’Angel Olsen

Le cinquième album d’Angel Olsen nous éblouit, une fois de plus, par le magnétisme de ses chansons. Pendant près de trois quarts d’heure, on a l’impression que l’artiste américaine est là, à quelques pas de nous, à nous murmurer ses mélodies tant le son est incroyable – il faut dire que le disque a été enregistré dans une église. À la fois intense et intime, empreint de solitude et de mélancolie, Whole New Mess nous offre aussi, sur un plateau d’argent, de nouvelles versions de son précédent opus.
Amélie Revert

Dave Not Coming Back

Que se passe-t-il lorsque tout ce qu’on avait soigneusement prévu se met à dérailler? C’est une des questions que pose le documentaire Dave Not Coming Back (La dernière plongée de Dave en français) du Montréalais Jonah Malak. Filmé dans le spectaculaire désert du Kalahari, le film revient sur une expédition de plongée sous-marine qui a mal tourné à 280 m de profondeur. Un récit touchant et haletant sur ces plongeurs de l’extrême.
À l’affiche dès le 11 septembre
Benoit Valois-Nadeau

Bâtonner, comment l’argent détruit le journalisme

Sophie Eustache a enquêté dans de nombreuses salles de rédaction françaises afin de dresser le portrait du journalisme actuel. Elle dénonce la précarisation des journalistes, une concurrence qui ne cesse de s’intensifier et la production de contenus qui s’accélère toujours plus. Au détriment de la qualité de l’information. L’autrice porte ainsi «la plume dans la plaie» d’une profession en pleine mutation et signe un essai cinglant qui permet d’entamer une réflexion sur le journalisme.
Aux éditions Amsterdam

Alice Chiche

Petit pays

Gabriel (Djibril Vancoppenolle) vit au Burundi avec son père français, sa mère rwandaise et sa petite sœur. La vie paraît bien simple du haut de ses 10 ans, jusqu’à ce que 1994 arrive, et que la guerre au Rwanda, puis au Burundi, fasse voler en éclat son innocence et son enfance. De l’implosion d’une famille biculturelle jusqu’au génocide inimaginable, le réalisateur Éric Barbier (La promesse de l’aube) filme cette violence avec beaucoup de subtilité. Petit pays nous met à hauteur d’enfant, pour regarder la guerre, impuissants. Le film est une adaptation du livre éponyme de Gaël Faye, où chaque page est d’une rare puissance.
Présentement en salle
Alice Chiche


Et on se désole pour…

Le décès de Chadwick Boseman

C’est avec stupeur que le monde entier a appris la fin de semaine dernière la mort de Chadwick Boseman. Fauché par le cancer à 43 ans seulement, l’acteur en était venu à incarner la force et la résilience des Afro-américains par ses interprétations de héros, réels ou fictifs, comme Jackie Robinson, James Brown, le juge Thurgood Marshall et, bien sûr, Black Panther. Une fin abrupte pour  une carrière en pleine ascension et  une (autre) lourde perte pour cette communauté.
Benoit Valois-Nadeau

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