La soirée des Jutra: promesses tenues
Sylvie Moreau et Yves Pelletier ont tenu parole hier soir aux Jutra. Ils ont réussi à divertir tout en présentant une cérémonie axée sur le cinéma d’ici, comme ils l’avaient annoncé. Après les ratés qu’a connus le gala au cours de ses trois éditions précédentes, il s’agit d’un retour en forme quasi inespéré.
Une vague impression de déjà-vu planait toutefois sur la cérémonie en début de soirée. Tout comme Anne Hathaway et James Franco l’avaient fait aux Oscars deux semaines auparavant, Sylvie Moreau et Yves Pelletier ont ouvert le spectacle en s’immisçant dans les films de 2010 au moyen d’un habile montage humoristique signé Les satiriques. Parmi les meilleurs clins d’Å“il, citons Pelletier dans la peau du jeune rebelle de 10 ½ et la séquence où on pouvait observer les deux hôtes parcourir les rues de Montréal au ralenti, comme dans Les amours imaginaires.
On a craint le pire quand Yves Pelletier a fait part de son désir de twitter ses réactions en direct, évoquant la piètre performance de James Franco aux Oscars, mais on a poussé un soupir de soulagement lorsque Sylvie Moreau a balancé le téléphone de son coanimateur dans les coulisses.
Le tandem a gardé le cap – et les rires dans la salle – en analysant les tendances de 2010 au cinéma québécois. Parmi les statistiques les plus intéressantes relevées par le duo, mentionnons le nombre de «gars tout nus» et le nombre de lapins aperçus à l’écran l’an dernier (24 pour les premiers et 4 pour les seconds).
Les présentateurs ont aussi joué leur part dans le succès de l’entreprise. À l’exception de Guillaume Lemay-Thivierge, qui semblait encore amer d’avoir été reconnu aux prix Aurore pour Le poil de la bête et Filière 13 (Mariloup Wolfe lui a même demandé s’il avait «fini de se caler»), les invités ont tous fait un beau travail, à commencer par Yves Jacques, qui avait revêtu la robe – et la perruque – de son personnage de Lady Moon dans Cabotins.
Au bord des larmes, Louise Portal a été à l’origine du moment le plus émouvant de la soirée lorsqu’elle a salué la mémoire de Pauline Lapointe, décédée l’été dernier. De son côté, Emmanuel Bilodeau a provoqué les rires en partageant sa définition d’actrice de soutien. «C’est une actrice qui « soutient » que son rôle est aussi important que celui de l’actrice principale», a-t-il blagué.
Côté musique, Pierre Lapointe et Malajube ont ajouté une touche rock à la cérémonie en jouant Montréal -40°C, une pièce qu’on peut entendre dans The Trotsky. On se serait toutefois passé du sketch un peu longuet où Sylvie Moreau et Yves Pelletier, déguisés en agents de bord, donnaient des consignes à l’auditoire dans un style mimé rappelant celui du curé du Bulletin pour les sourds de RBO.
Et on ne peut passer sous silence l’extrait choisi pour présenter la candidature de Marie Brassard à titre d’actrice de soutien pour son rôle dans le film Les signes vitaux. La séquence de cinq secondes montrait la comédienne crier : «Wo. C’est pas toi qui vas mettre tes mains dans mon cul!» Aurait-on pu trouver une meilleure réplique?