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Geneviève Jodoin: des reprises en cadeau

Jessica Émond-Ferrat - Métro

On l’a d’abord connue comme la choriste de Belle et Bum; on aurait donc pu penser que l’album de reprises de Geneviève Jodoin viendrait en premier dans sa carrière. Mais la chanteuse, à qui les gens réclament un tel disque depuis longtemps, a tenu à enregistrer d’abord un album de compositions originales (g, lancé en 2009). «Les gens venaient voir mes spectacles en pensant qu’ils allaient m’entendre chanter les chansons des autres, mais ils repartaient con­tents, souvent avec le disque en main; c’était ça, mon défi! explique-t-elle. Mais j’ai eu envie de les remercier de leur appui en leur offrant Amis chemin.»

Si elle avait prévu entamer la création d’un deuxième opus original cet été, elle a dû reporter ce projet en raison de sa participation au spectacle Le petit Roy, dans lequel elle interprète le personnage féminin principal. L’idée de lancer un disque de reprises a alors commencé à faire son chemin. «J’aime dire que c’est un album qui est « à côté » de moi, parce que ce que je vise, devant moi, c’est le prochain album original. Celui-là, c’est comme un cadeau pour le public… et pour moi, évidemment, parce que j’ai eu du fun en maudit!» s’exclame-t-elle.

Il ne faut pas croire pour autant qu’Amis chemin soit un pis-aller. «Je voulais trouver la bonne manière, les bonnes personnes, la bonne formule, dit-elle. Tant qu’à faire un compromis… je voulais le faire sans compromis!» Chacune des pièces qu’on trouve sur Amis chemin a une signification particulière pour Geneviève Jodoin – si bien que, dans   le livret, au lieu des paroles, on a droit à des textes explicatifs sur l’importance que revêtent pour elle les chansons choisies. La jeune femme chante Richard Desjardins (L’étoile du Nord), Leonard Cohen (Bird on a Wire), Vincent Vallières (On va s’aimer encore), Gilles Vigneault (Pendant que), Patrick Norman (Quand on est en amour)… Pratiquement que des hommes, ce qui est un hasard, assure-t-elle : «J’ai eu envie de faire découvrir des pièces peu connues ou des vieilles chansons qui, dans ma famille, représentent de beaux moments… et ç’a donné que c’était des compositeurs masculins.»

La chanteuse raconte comment sa belle-mère lui a fait connaître Le ciel se marie avec la mer, de Jacques Blanchet. Elle explique aussi qu’elle a intentionnellement choisi de chanter Bird on a Wire plutôt qu’Hallelujah, une pièce qu’on lui demande constamment de refaire, «pour montrer aux gens que Leonard Cohen a fait d’autres chefs-d’Å“uvre!» Elle évoque son enfance en parlant de la pièce Going to California, de Led Zeppelin… Chaque morceau a son histoire.

Enregistré avec la pianiste Nadine Turbide au studio de Pierre Marchand – «un magnifique petit bunker où on trouve les pianos qui ont servi à faire les albums de Sarah MacLachlan», s’émerveille la jeune femme -, Amis chemin a une facture qui se rapproche du live. «Ça s’est passé vraiment rapidement, en deux jours c’était fini, explique-t-elle. On enregistrait les pièces une ou deux fois maximum pour garder la sensibilité de l’interprétation. C’est ce que je voulais, j’ai même gardé les petits défauts que j’aurais pu retoucher. Pas de correction, pas d’autotune… J’adore ça, cette espèce d’aspect de fragilité et de spontanéité. Ça donne le côté vivant et organique qui manque souvent aux al­bums de nos jours.»

Amis chemin
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