Soutenez

Des attentes énormes envers Le sens de l'humour

Marc-André Lemieux - Métro

Tous les moyens sont bons pour échapper à la pression. Parlez-en à Émile Gaudreault, qui se réfugiera au Saguenay–Lac-Saint-Jean dans les jours qui suivront la sortie du Sens de l’humour. Conscient des attentes énormes envers son film, son premier depuis De père en flic, qui avait généré des recettes de 10,5 M$, le cinéaste préfère s’isoler pour échapper à l’ouragan.

«Je vais aller dans ma famille, indique-t-il. Je quitte Montréal. Je disparais. Je ne lis pas les journaux pendant cinq ou six jours. Je ne veux pas qu’on m’appelle à chaque heure pour me tenir au courant du box-office, parce que je vais devenir fou!»

Contrairement à Émile Gaudreault, Louis-José Houde et Michel Côté ne s’exile­ront pas dans leurs patelins respectifs quand Le sens de l’humour prendra l’affiche, mercredi prochain. «Je suis assez relax par rapport à tout ça, note le premier. J’ai fait ma job au meilleur de mes capacités. Après ça, c’est hors de mon contrôle.»

«Je ne pense pas à ça, ajoute le deuxième. J’ai eu du plaisir à jouer dans le film, c’est ça l’important. Si ça devient un grand succès, ça ne changera rien à mon portefeuille. Ce sera bon pour ma fierté personnelle, parce que je veux que mes films plaisent au public. Aucun acteur n’aime voir les spectateurs sortir de la salle en disant : «Tabarnou­che! On s’est fait fourrer!» Cela dit, je sais qu’il y en a qui ne vont pas aimer ça. C’est impossible de faire l’unanimité.»

Pour sa part, la productrice Denise Robert refuse de mesurer le succès du long métrage à l’aune des sommes d’argent qu’il récoltera au guichet. «Mon travail, c’est d’accompa­gner le réalisateur, précise-t-elle. Émile a gagné en maturité, et son écriture est beaucoup plus maîtrisée. À mes yeux, on a atteint notre objectif.»

La présidente et cofondatrice de la maison de production Cinémaginaire n’a pas lésiné sur les moyens pour accoucher d’une œuvre à la hauteur de ses espérances. Le sens de l’humour a d’ailleurs profité d’un temps de montage de trois à quatre fois plus important que celui alloué à la plupart des films made in Québec. «Émile a passé près de huit mois en salle de montage, souligne-t-elle. On n’a rien sacrifié.»

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.