Culture
05:02 19 mars 2021 | mise à jour le: 19 mars 2021 à 07:23 temps de lecture: 6 minutes

«M’entends-tu?»: une finale entre «grandes émotions» et «affaires vraiment connes»

«M’entends-tu?»: une finale entre «grandes émotions» et «affaires vraiment connes»
Photo: Télé-QuébecFlorence Longpré dans M'entends-tu?

Le temps est venu de faire nos adieux à Ada, Fabiola et Carolanne. La troisième saison de M’entends-tu? marque la fin des émouvantes péripéties de ce trio d’amies à qui la vie n’a pas fait de cadeau.

En montrant sans filtre, avec tendresse, humour et une grande humanité des réalités liées à la pauvreté, cette brillante série coécrite par Florence Longpré et Pascale Renaud-Hébert aura apporté un vent de fraîcheur dans le paysage télévisuel québécois.

Bilan de cette aventure avec Florence Longpré, qui campe également le rôle d’Ada.

La série s’appelle M’entends-tu? Sens-tu qu’Ada, Fab et Caro ont été entendues?

Oui. C’est drôle à dire, parce que ce ne sont pas de vraies personnes, mais je pense que le point le plus important a été entendu: montrer qu’il y a de vraies vies derrière les gens qu’on croise. C’est très personnel, mais je pense que l’enfance joue un énorme rôle dans la qualité de l’humain qu’on devient. En même temps, il n’est jamais trop tard, et c’est ce qui est beau. On a vu des exemples de gens qui s’en sortent, des cas où l’amour triomphe, si je peux dire ça de façon plus quétaine! (Rires) Ça a été entendu et ça a fait du bien de s’en souvenir.

Le tournage de la troisième saison a eu lieu pendant la pandémie. Comment s’est-il passé?

Oh mon Dieu! Je ne pense pas que ça paraisse à l’écran, mais ça a été très, très, très compliqué. Le réalisateur Guillaume Lonergan a vraiment été un sauveur, il était vraiment trooper. Sur le plateau, j’avais tout le temps froid, car on tournait en novembre et j’étais en jupe. Il me mettait des réchauds jusque dans la brassière! (Rires) À cause de ça, j’avais vraiment peur de tomber malade, car dès que tu as des symptômes, tu ne peux pas rentrer travailler! Je me disais constamment : «Il ne faut pas que je renifle! Il ne faut pas que j’aie mal à la gorge!» (Rires)

Comme il s’agit de la dernière saison, l’expérience a dû être d’autant plus émouvante. Dans quel état d’esprit étais-tu?

En plus! J’étais vraiment tout croche, pour vrai. Ouais… Une chance que Guillaume et les copines étaient là et que c’était une équipe d’amour parce qu’il y avait beaucoup d’émotions.

Est-ce votre décision à Pascale Renaud-Hébert et toi de boucler la boucle après trois saisons?

Oui. Assez rapidement, on a convenu que trois saisons c’était assez. C’est vraiment dur de s’arrêter, surtout quand il y a un succès comme ça. Mais si on avait continué, je crois qu’on aurait vraiment étiré la sauce… Il faut s’arrêter quand on le sent.

«C’était gros comme première expérience d’écriture en télé. Ça me met une petite pression pour ne pas me décevoir ni décevoir le public dans mes prochains projets.»
-Florence Longpré, à propos du succès de M’entends-tu?

Après le visionnement des deux premiers épisodes, on a l’impression que la finale sera moins sombre que la saison précédente, même si certains personnages en arrachent. Voulais-tu terminer la série sur une note un peu plus positive?

Je ne dirais pas positive – le public comprendra en la regardant –, mais les filles ont un désir concret d’améliorer leurs conditions. C’est le cas aussi pour Ada, même si c’est plus lent. Elles sont rendues là dans leur vie, elles prennent des décisions qui tendent vers ça et elles s’encouragent là-dedans, ce qui mène à des changements. Elles vivront de grandes émotions, mais aussi des affaires vraiment connes. (Rires)

La première saison diffusée en 2018 a été une révélation. On y montrait pour une rare fois à la télé québécoise des protagonistes issues de milieux défavorisés. Sens-tu que, depuis, on ose davantage présenter une diversité socioéconomique au petit écran?

J’ai en effet vu passer un peu plus de projets edgy et je trouve ça le fun. Je ne sais pas si M’entends-tu? a parti le bal, mais je pense qu’on est rendu là. Les gens sont tellement tannés de voir la même chose qu’ils préfèrent écouter des séries dans une autre langue… Ça en dit long sur la variété qu’on doit offrir. Plus on va présenter des projets audacieux, plus on va rejoindre le public.

La série aborde des enjeux sociaux très difficiles, notamment la violence conjugale. Crois-tu que montrer cette réalité à l’écran a contribué à la démystifier? 

J’espère. Je ne pensais pas écrire sur la violence conjugale. Au départ, mon sujet était vraiment la pauvreté. Mais cette réalité revenait constamment dans les entrevues qu’on a faites avec des femmes en amont de l’écriture. Dans chaque histoire, il y avait de la violence, dont beaucoup de violence conjugale. On ne pouvait pas ne pas en parler. Je ne savais pas que cette réalité était à ce point grave. Si même moi, comme auteure, j’en ai appris sur le sujet, je me dis que ça a dû avoir le même effet chez le public.


Deux nouveaux projets

Forte du succès de M’entends-tu?, sa première série télé, Florence Longpré récidive avec deux nouveaux projets dont les tournages débuteront à l’été.

La comédie dramatique Autant en emportent les framboises sera réalisée par nul autre que Philippe Falardeau (My Salinger Year, Monsieur Lazhar). Le récit prendra place sur une ferme, où se côtoieront plusieurs personnages variés. «C’est beaucoup de chaos, de confusion, de tension, d’humour et de passion», résume-t-elle.

Florence Longpré a également coscénarisé la série Audrey est revenue avec Guillaume Lambert (Les scènes fortuites, L’Âge adulte), qui sera réalisée par Guillaume Lonergan. «C’est sur une jeune femme qui émerge du coma après 15 ans», révèle-t-elle.


M’entends-tu? saison 3

Les mardis à 21h à Télé-Québec dès le 23 mars

Deux épisodes consécutifs seront présentés les 23 et 30 mars.

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