Culture

Dix mois après l’«affaire Bondil», Québec veut revoir la gouvernance du MBAM

L'avenue du Musée à Montréal
Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM). Photo: Pablo Ortiz/Métro

Pratiquement un an après la crise interne qui a mené au congédiement de sa directrice Nathalie Bondil, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) pourrait bientôt subir une révision importante. La ministre Nathalie Roy a déposé mercredi un projet de loi dans le but de revoir la gouvernance de l’établissement.

La mesure, intitulée Loi modifiant la Loi sur le Musée des beaux-arts de Montréal, a notamment pour objectif de mieux fixer «les devoirs et les responsabilités [des membres du conseil d’administration], y compris les responsabilités liées à la fonction de président et à celle de directeur général».

Le projet de loi – numéro 81 – répond aux recommandations d’un rapport indépendant, commandé par Québec et déposé en septembre, qui exhortait le gouvernement à revoir le cadre législatif.

Le MBAM ressort à peine d’une crise interne qui a éclaté au grand jour l’an dernier. À l’époque, l’ex-directrice et conservatrice en chef du Musée, Nathalie Bondil, avait dû répondre d’allégations de climat de travail «toxique».

En juillet, après avoir mandaté une firme externe pour qu’elle fasse la lumière sur de nombreux départs au sein de l’équipe du MBAM, le C.A. avait tranché: en raison de comportements «inflexibles» notamment, Mme Bondil devait quitter son poste.

Des mandats et des comités

Le projet de loi déposé mercredi par Mme Roy, épais d’une dizaine de pages, vise notamment à encadrer les deux postes de tête du Musée. Il fixe la longueur des mandats du directeur général et du président du C.A. à cinq et à quatre ans respectivement. Les mandats peuvent tout de même être reconduits indéfiniment.

Par ailleurs, la ministre Roy vise à mettre sur pied trois comités au sein-même du conseil d’administration: un comité de gouvernance et d’éthique, un comité de vérification et un comité des ressources humaines.

Le projet de loi devra passer le test des parlementaires avant d’entrer en vigueur. Dans l’éventualité où elle était adoptée, la mesure ferait aussi en sorte d’exiger du C.A. une «reddition de compte» auprès du ou de la ministre.

«Les nouvelles règles proposées ont pour but d’instaurer au Musée des beaux-arts de Montréal des pratiques de gouvernance reconnues et une reddition de comptes plus transparente, tout en respectant ce qui en fait l’un des plus grands musées en Amérique du Nord.» – Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications

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