Culture
18:40 27 février 2013 | mise à jour le: 27 février 2013 à 18:40

Le Québec s’anime avec La légende de Sarila

Le Québec s’anime avec La légende de Sarila
Photo: Alliance films

Dix ans et quelques millions de dollars plus tard, place à La légende de Sarila, une animation québécoise en 3D qui explore d’anciens mythes amérindiens. Une odyssée folle et pas banale signée Nancy Florence Savard.

Au cours de l’élaboration de cette fresque ambitieuse racontant la quête incroyable de trois jeunes Inuits qui cherchent à sauver leur village de la famine, la réalisatrice Nancy Florence Savard a côtoyé pendant quatre mois des élèves de cinquième année. Un moyen idéal de prendre le pouls du public cible, de savoir ce qu’il aime ou pas.

«Je trouve ça intéressant d’être avec des enfants et de travailler fort pour leur faire une cinématographie qui leur est destinée, raconte la cinéaste en entrevue. Le Québec n’a pas beaucoup de projets qui sont faits pour eux. Ce sont nos spectateurs de demain. Il faut les habituer à venir en salle tôt, pour que cet art-là continue à vivre.»

Sans posséder les ressources financières et humaines de Pixar, la cinéaste de Québec s’est donnée corps et âme à ce long voyage qui lui tenait tant à cœur. «Dieu sait que bien des gens me disaient de lâcher prise. Mais cette histoire-là mérite d’être racontée. On n’en fait pas beaucoup, ici, de cinéma d’animation en long métrage. Pourquoi ne pas essayer? Les enfants adorent ça. Le public en raffole. Pourquoi on ne fait pas nos histoires à nous? Pourquoi on prendrait celles des autres? Ça me tue. Moi, je veux voir le Québec à l’écran, le Grand Nord.»

Les voix de Sarila
La distribution des comédiens qui prêtent leurs voix à l’animation Sarila est impressionnante. Dans la version anglaise, il est possible d’entendre Rachelle Lefevre, Christopher Plummer et Geneviève Bujold, alors que le doublage québécois est assuré par Mariloup Wolfe (photo), Mario Saint-Amand, Rémy Girard et Marina Orsini.

Pour Rachelle Lefevre, qui prête son timbre sonore si spécial au principal personnage féminin, Apik, se retrouver au sein de ce premier projet de doublage relevait de l’évidence. «J’ai vu tellement d’animations quand j’étais jeune! Je regardais tous les films de Disney et de Pixar. Je suis toujours la seule adulte dans les cinémas pour voir les films avant les enfants.»

Forte de ses participations à Histoire de jouets 3 et Rois du surf, Mariloup Wolfe, qui fait également la voix d’Apik, mais en français, sent qu’elle a atteint un nouveau stade dans ce domaine. «C’est vrai qu’avec le temps j’ai pris de l’expérience. Et je l’ai senti cette fois-ci. Je me sentais plus prête, moins gênée, je pouvais plus me laisser aller.»

D’autres ont dû travailler davantage pour maîtriser l’art du doublage, comme Geneviève Bujold : elle habite littéralement une sage, qui aidera souvent les trois héros. «Je n’ai jamais fait d’animation. C’est un défi. Mais la base est toujours la même dans un film ou un dessin animé. Il faut arriver à avoir une connexion avec le personnage.»

La légende de Sarila
En salle dès vendredi