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Elle s'appelait Sarah: la mémoire des lieux

Ned Ehrbar - Metro World News

Dans son best seller Elle s’appelait Sarah, Tatiana de Rosney brosse le portrait d’une journaliste américaine cultivant une curiosité obsessive pour son appartement parisien. Au fil des recherches de son héroïne, l’écrivaine aborde un des épisodes les plus honteux de l’histoire de la France, la rafle du Vel’ d’Hiv, en 1942, durant laquelle la police a procédé à une arrestation massive de juifs.

Un film mettant en vedette Kristen Scott Thomas a été tiré de ce roman. Tatiana de Rosney a discuté avec Métro de la mémoire des lieux et des différences entre écrire en français ou en anglais.
 
Votre livre traite d’un mo­ment historique qui n’est pas très connu du public. Est-ce que vous vouliez éduquer les gens?

Pour moi, il ne s’agit pas d’un livre sur l’holocauste, même s’il est vu comme cela. Quand je l’ai écrit, je n’avais pas l’intention d’informer les gens. Ironiquement, on enseigne mon roman dans les écoles aujourd’hui!

Est-ce qu’Elle s’appelait Sarah est votre premier livre en anglais?

C’est mon premier livre en anglais qui a été publié. J’ai commencé à écrire à 11 ans, et jusqu’à 25 ans, je n’ai écrit qu’en anglais. J’ai signé environ 15 ro­mans – des histoires d’amour, de science fiction et de détective – qui n’ont jamais été publiés, car ils étaient très mauvais.

Y a-t-il une différence entre écrire en anglais et écrire en français?
En grandissant, j’ai appris les deux langues en même temps. Mon père est Français et ma mère est Anglaise. Pour une raison que j’ignore, je parle en anglais à mon fils et en français à ma fille. J’ai de la difficulté à expliquer ce qui me pousse à écrire en français ou en anglais. Je voulais me réfugier dans mon côté anglais pour écrire Elle s’appelait Sarah et parler de ce moment de l’histoire française.

L’histoire des appartements et des vies qui y ont été vécues semble être un terreaux fertile pour trouver l’inspiration…
Tous mes livres parlent de cela. La mémoire des lieux est une de mes obsessions favorites. Je suis sûr qu’un psychologue saurait m’expliquer pourquoi ça me fascine autant, mais je préfère ne pas le savoir. Je ne voudrais pas dérégler les mécanismes qui mettent mon imagination en marche. Quand nous cherchons un nouvel appartement ou une nouvelle maison, mon pauvre mari dit des choses comme : «Quel est le montant du loyer?» Ou : «Y a-t-il un garage?» Tandis que moi, je demande : «Que s’est-il passé ici? Est-ce que quelqu’un s’est suicidé? Est-ce qu’une personne a été assassinée?» Si j’entre dans un endroit où quelque chose d’horrible s’est produit, je le sens.

Comment s’est déroulé le processus d’adaptation du livre en film?

Ça s’est très bien passé. Le scénariste Serge Joncour est un de mes bons amis. Je me suis donc sentie en confiance dès le départ. De toute façon, je n’aurais pas quitté Paris pour participer à cette épuisante tournée de promotion si ça avait été pour vous dire que je n’aime pas le film.

Elle s’appelait Sarah
En salle dès vendredi

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