Janette Bertrand: hommage à une pionnière
Janette Bertrand est devenue lundi la toute première lauréate du Prix Guy-Mauffette. Visant à souligner «la contribution exceptionnelle» d’une personnalité dans le milieu de la télévision et de la radio, cet honneur lui sera officiellement décerné mardi à l’Assemblée nationale à l’occasion de la remise des prestigieux Prix du Québec.
La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a dévoilé le nom de Mme Bertrand – et celui des 10 autres lauréats des Prix du Québec 2011 dans les domaines culturel et scientifique – lors d’une cérémonie organisée à Montréal. Mme St-Pierre en a profité pour retracer les grandes lignes du parcours de l’auteure, de ses débuts en tant que journaliste à sa consécration au petit écran, en passant par ses années à CKAC. La ministre a rappelé le rôle de pionnière que Janette Bertrand a joué dans les années 1950 et 1960, alors que seule une «poignée de femmes» œuvraient dans ce secteur.
Les belles paroles de la ministre ont résonné jusqu’à la fin de son allocution, au moment où les lauréats se sont levés pour prendre la traditionnelle photo de groupe : Janette Bertand était – encore une fois – la seule femme parmi une multitude d’hommes, ce que la principale intéressée a bien sûr remarqué.
«C’est triste de voir ça», a-t-elle confié à Métro après l’événement.
Devant ce déséquilibre des forces en présence, la ministre a souligné que le gouvernement du Québec avait honoré un nombre égal d’hommes et de femmes lors de l’édition 2010 des Prix du Québec dans le domaine culturel.
«Chaque année, on sollicite des candidatures féminines, mais on ne veut pas imposer de quota, a dit Christine St-Pierre. Il faut être patient. C’est un déficit qu’on souhaite combler, et je suis convaincue qu’avec les années, on va y arriver.»
Institué dans le cadre du 50e anniversaire du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, le prix Guy-Mauffette rendra hommage aux artisans de deux mé-diums chers aux Québécois.
«La télé et la radio ont contribué à la formation de l’identité québécoise, a observé Christine St-Pierre. Elles nous ont permis de développer notre propre star système.»
Malgré les nombreux honneurs qui lui ont été décernés durant sa carrière, Janette Bertrand était surprise d’apprendre que le gouvernement provincial s’apprêtait à lui remettre sa plus haute distinction. «J’ai toujours eu de la difficulté à recevoir des prix, a-t-elle confié. Quand on m’a appris la nouvelle, je me suis dit : « Pourquoi moi? » Je n’arrivais pas à le croire.»
Les Prix font aussi place à la jeunesse
Janette Bertrand ne sera pas la seule artiste à voir son travail salué mardi prochain à l’Assemblée nationale. Le chroniqueur automobile Jacques Duval, le sculpteur Gilles Mihalcean et le cinéaste Marcel Carrière figurent aussi parmi les heureux élus. Tout comme Yannick Nézet-Séguin, qui recevra le prix Denise-Pelletier des arts de la scène.
À 36 ans, Nézet-Séguin deviendra le plus jeune récipiendaire de l’histoire des Prix du Québec. «Dans son domaine, il est au top, explique Guy Côté, secrétaire du volet culturel des Prix du Québec. Il est jeune, mais son parcours est si exceptionnel qu’on ne pouvait pas passer à côté.»
En raison de son emploi du temps chargé, le chef d’orchestre brillait par son absence hier. Il se trouve présentement au Metropolitan Opera de New York, où il dirigera le célèbre Faust de Gounod à la fin du mois. L’entourage du maestro nous a toutefois confirmé qu’il serait dans la Vieille Capitale le 8 novembre, pour la remise officielle des Prix.