Culture

On (re)découvre la cinéaste Jane Campion avec «The Power of the Dog»

Jane Campion The Power of the Dog
Jane Campion Photo: Josie Desmarais/Métro

Jane Campion a marqué l’histoire du septième art. En 1993, elle devenait en effet la première femme à remporter une Palme d’or à Cannes pour The Piano. Aujourd’hui, la cinéaste néo-zélandaise continue de nous en mettre plein la vue avec The Power of the Dog. Ce film incontournable produit par le Québécois Roger Frappier sera disponible sur Netflix le 1er décembre et en salle dès le mercredi 17 novembre.

Un Québécois très impliqué

Alors qu’il séjournait à Paris, Roger Frappier est tombé sur une entrevue de Gérard Depardieu où celui-ci confiait que The Power of the Dog de Thomas Savage était son livre favori. Intrigué, il acquiert alors les droits de l’histoire. Elle aussi captivée par la richesse du récit, Jane Campion est, par la suite, entrée en contact avec le producteur québécois à Cannes pour en discuter. «Roger m’a alors dit que le roman pourrait devenir un film, mon film, si je le voulais, s’est-elle souvenue lors d’une conférence de presse organisée en octobre pendant le Festival du nouveau cinéma. C’était très excitant et c’est comme cela que tout a commencé.»

The Power of the Dog, quelle histoire!

Montana, années 1920. Deux frères que tout oppose, Phil et George Burbank, mènent un quotidien banal dans leur ranch, jusqu’à ce que ce dernier se marie à Rose, veuve et mère d’un adolescent, Peter. Se sentant menacé par cette nouvelle famille, Phil se montrera alors cruel et exécrable…

Reconnue pour la puissance des personnages féminins de ses précédents films, Jane Campion n’hésite pas dans The Power of The Dog à montrer masculinité toxique et désirs inavouables. «Je ne prends pas les décisions avec mon cerveau, mais, en tant qu’artiste, plutôt avec ma psyché. Le livre The Power of the Dog a changé quelque chose en moi, tout comme nous vivons dans une époque en mutation pour les femmes dans le cinéma», dit ainsi la réalisatrice à ce propos.

Distribution surprenante

«Je me suis beaucoup demandé qui allait jouer le personnage de Phil Burbank, ce mâle alpha qui a toutefois étudié à l’université. On cherchait un grand acteur qui aurait le courage de s’en emparer. Après avoir lu le scénario, Benedict Cumberbatch [Sherlock, Imitation Game, ndlr] m’a confié qu’il adorerait être de la partie. Cela signifiait tellement pour moi, car c’est un rôle challengeant et complexe», poursuit-elle. Et le résultat à l’écran est déconcertant, tant le comédien britannique apparaît à l’opposé de ce à quoi il nous avait habitués.

Kodi Smit-McPhee (The Road), qui interprète Peter, livre un jeu tout aussi troublant mais tout de même génial. Rappelons aussi que Kirsten Dunst (The Virgin Suicides) et Jesse Plemons (I’m Thinking of Ending Things) y tiennent avec brio les deux autres rôles principaux.

Images spectaculaires

Bien qu’il s’agisse d’une production Netflix, «The Power of the Dog est un film que les cinéphiles pourront aussi apprécier sur grand écran», se réjouit Jane Campion. Une expérience que Métro vous recommande fortement pour savourer pleinement la magnifique direction de la photographie signée Ari Wegner, bonifiée par une musique originale du membre de Radiohead Jonny Greenwood.


The Piano est le premier film que j’ai vu. Même si j’en ai vu un tas d’autres, très peu m’ont marqué comme The Piano, qui m’a aidé à me définir en tant que personne. Il m’a aussi donné l’envie d’écrire des rôles pour les femmes. Des femmes extraordinaires, avec une âme, une volonté et une force, pas des victimes ou des objets.

Xavier Dolan s’adressant à Jane Campion lorsqu’il a reçu le Prix du jury au Festival de Cannes en 2014 pour Mommy

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