image nation: la vie gaie au grand écran
Pour son 24e anniversaire, qui a lieu mercredi, le festival de cinéma LGBT de Montréal, image +nation, envoie ce message aux fidèles spectateurs gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres : «Partagez vos histoires avec vos bien-aimé(e)s!»
«Les gens pensent parfois que, comme c’est un festival gai, ils ne peuvent pas y assister, fait remarquer Charlie Boudreau, directrice générale du festival. Au contraire! On invite tout le monde à venir voir notre vie à l’écran, de la même manière que, nous, on va voir des films grand public avec des personnages hétérosexuels tous les jours.»
Ainsi, des thématiques variées seront au centre des films qui composent la programmation de image+ nation, dont Charlie Boudreau aime qu’ils «innovent» : «Il faut trouver de nouvelles façons de raconter une variation sur un même thème.»
C’est la comédie romantique Four More Years, de la cinéaste suédoise Tova Magnusson-Nörling, qui ouvre le festival, au grand plaisir de la directrice : «Ce sont deux politiciens de partis très opposés qui sont intéressés l’un par l’autre, décrit-elle. L’humour suédois est savoureux, c’est un de mes films préférés cette année.»
Dans un autre ordre d’idées, c’est la comédie musicale Leave It on the Floor, de Sheldon Larry, qui clora le festival.
Une préoccupation se dégage des films sélectionnés, qu’il s’agisse de documentaires ou de fictions : celle du vieillissement chez les personnes homosexuelles, notamment dans les fictions Cloudburst et Shame et le documentaire Gen Silent. Les 30 ans de la découverte du sida seront également soulignés.
Charlie Boudreau, qui a toujours tenu à miser sur la qualité des films plutôt que sur la quantité – «À quoi ça sert d’avoir 200 films au programme si la moitié est mauvaise? C’est la qualité des films soumis qui détermine la grosseur du festival» – se félicite d’avoir cette année une programmation particulièrement riche en films étrangers.
«Dans le passé, on était un peu pris, avec seulement des productions américaines, rappelle-t-elle. C’est un festival qui est devenu particulièrement intéressant quand on a commencé à avoir des perspectives de l’Iran, de Dubaï, de la France, des pays d’Afrique, du Brésil, de la Chine… Ça brosse un portrait des différentes cultures dans lesquelles des communautés LGBT existent.»
Un portrait pas toujours rose, d’ailleurs, qui ne rend que plus pertinente l’existence d’un tel festival, croit la directrice. «On a souvent tendance à penser que l’homosexualité, c’est correct, c’est accepté maintenant. En Amérique du Nord, peut-être, et encore, ce n’est pas si simple, croit-elle. Et selon les sociétés, ça change; il y a des pays où on se fait pendre, d’autres où on se fait tellement harceler qu’on se tue… C’est important d’avoir des perspectives d’ailleurs.»
Mais Charlie Boudreau et son équipe aiment aussi, chaque année, diffuser des œuvres dans lesquelles l’homosexualité n’est pas forcément le sujet central.
«On a choisi des films qui offrent une perspective juste. Il ne faut pas oublier que c’est important de se voir à l’écran, dit-elle. Ce n’est pas parce qu’on voit un personnage gai à la télé que, tout d’un coup, un festival n’est plus nécessaire.»
image+nation
Jusqu’au 6 novembre