Tigran Hamasyan, mec sympa
L’acclamé pianiste Tigran Hamasyan se raconte. Sans stress. Dégaine de rockeur, chevelure ébouriffée, attitude relax… Tigran Hamasyan est le genre de gars sympa, pas stressé, et ce, malgré sa renommée internationale et son statut de virtuose.
Lorsqu’on le joint au téléphone, l’hallucinant pianiste de 24 ans rentre tout juste d’une tournée. «J’ai hâte de revenir à Montréal, lance-t-il d’emblée. J’adore l’ambiance, le public, la ville… Ça bouge. C’est génial.»
Féru de Led Zep et de Black Sabbath, dont il dit tirer son inspiration rock, Tigran souligne qu’il n’aime pas trop mettre ses compositions dans une case. «Je dis que c’est du jazz indé, ou tout simplement de la musique indé. C’est plus simple.»
Né en Arménie, Tigran a grandi dans une maison remplie de notes, de chansons, de mélodies. «Surtout de cassettes. Mon père et mon oncle en avaient tout plein.» Pour ce qui est des spectacles live, l’offre était moins importante. «Disons qu’il n’y avait pas grand groupe qui passait par chez nous!» rigole-t-il. «Un des seuls bands qui s’est produit en Arménie quand j’étais petit, c’est Deep Purple. J’avais deux ans et mon père m’a amené les voir… mais il a dû sortir vite fait parce que je pleurais trop!»
À 16 ans, ses parents décident de déménager à Los Angeles. Quelque temps plus tard, Tigran part suivre une formation classique à la University of South California. «J’y ai rencontré des musiciens et des profs extraordinaires», fait-il remarquer.
Le dernier disque de ce New-Yorkais d’adoption, l’acclamé A Fable, paru sur étiquette Verve, comporte beaucoup d’influences arméniennes. «J’ai véritablement découvert la musique de mon pays à 13 ans. Avant ça, j’apprenais, j’écoutais et je jouais exclusivement du bebop. Quand je me suis mis à la musique traditionnelle, tout un monde s’est ouvert à moi. J’ai compris que j’avais un héritage qui m’était propre. Et que je devais le porter.»
Amoureux de l’improvisation, Tigran dit qu’il est toutefois plus spontané au piano que dans sa vie de tous les jours. Et de quoi a-t-elle l’air, cette vie? «Tout ce qu’il y a de plus normal. Quand je ne joue pas, je compose. Et quand je ne compose pas, j’aime lire, aller au cinéma ou sortir avec des copains.» Tranquille, quoi.