Critiques CD de la semaine du 30 janvier au 3 février 2012
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Leonard Cohen, Ivy, Angèle Dubeau & La pietà, Gotye, Julien Sagot et Lana del Rey.
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Le maître Leonard Cohen Old Ideas (4,5/5) |
Leonard Cohen réciterait le bottin téléphonique qu’on serait touché. Sept ans après son dernier effort, le poète montréalais revient en force avec un grand album. Old Ideas présente du Cohen, tout simplement : des textes brillants, la voix mythique de l’artiste, tantôt chantante, tantôt parlante, mais toujours profonde, des voix féminines parfaitement intégrées et une profondeur immense, même quand Cohen se permet des thèmes plus légers. Pas de grande révolution, mais des pièces qui pourraient avoir figuré sur I’m Your Man, tout en demeurant modernes. Pointer quelques pièces d’un album sans faux pas serait injuste. À écouter : l’album en entier.
– Vincent Fortier
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Roi des mots Ivy Hors des sentiers battus (4/5) |
Est-ce du slam? Du rap? De la poésie chantée? Non, c’est du Ivy. Du Ivy, c’est des textes remplis de références, des musiques accrocheuses et des chansons qui se transforment au fil des écoutes, au fur et à mesure que l’on décortique les textes. En continuité avec son premier opus, Slamérica, Hors des sentiers battus présente 12 titres éclectiques et riches. Coup de cœur pour Merci et Ballade pour ma campagne. L’amoureux de la langue qu’est Ivy parle de sa tristesse face à la situation du français dans la chanson My Name Was, qu’il interprète avec Paul Cargnello, dans le rôle du yankee. Un album qui nous emporte au royaume des mots.
– Audrey Lavoie
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Faire son cinéma Angèle Dubeau & La pietà Silence, on joue! A time for us (3,5/5) |
Quelle bonne idée que de se réapproprier des musiques de grands classiques du cinéma et d’en faire un album de musique classique! La violoniste canadienne Angèle Dubeau et son ensemble à cordes féminin La pietà réussissent à nous faire revivre de grands films à travers leur enivrante musique dans Silence, on joue! L’album comprend de magnifiques pièces telles que Concerning Hobbits (Le seigneur des anneaux), Thème d’amour (Cinéma Paradiso), Por Una Cabeza (Parfum de femme) et même My Heart Will go On (Titanic). Un album qui vous fera revivre de grands moments cinématographiques.
– Rachelle McDuff
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Talent confirmé Gotye Making Mirrors (3,5/5) |
Si vous fréquentez les réseaux sociaux, vous avez certainement déjà entendu – et eu dans la tête pendant plusieurs jours – la pièce Somebody That I Used to Know, de Gotye. Et rassurons-nous : le troisième opus de l’Australien belge d’origine, Making Mirrors, ne comprend pas qu’une seule bonne chanson. Sa pop-rock aux accents parfois rétro explore diverses directions – on pense entre autres à la peu conventionnelle State of the Art, à l’accrocheuse Easy Way Out et ou à Smoke and Mirrors, sur laquelle la voix du chanteur rappelle un peu celle de Peter Gabriel… Un album qui restera un bon moment dans notre iPod!
– Jessica Émond-Ferrat
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Dans sa tête Julien Sagot Piano mal (3/5) |
À deux morceaux près, la galette du percussionniste de Karkwa est bien différente de ce que fait le quintette. Ce qu’on aime, c’est que Julien Sagot nous transporte dans un univers unique. Un univers poétique d’abord, qui surprend plus d’une fois. Pas de doute que c’était lui qui était derrière la très réussie Pili Pili de Karkwa. L’univers musical est très intéressant aussi, très riche. Les morceaux sont parfois très québécois et parfois très français (Sagot est originaire de la France). Mais vocalement, le tout est étrange par moments, la voix de l’artiste variant énormément d’une pièce à l’autre, sur un album très éparpillé.
– Vincent Fortier
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Préfabriqué Lana del Rey Born to Die (2,5/5) |
Précédé par un buzz monstrueux, le «premier album» de Lana Del Rey débarque enfin dans les bacs. Et force est d’admettre que le résultat ne valait pas tout ce brouhaha. Sur ce Born to Die inégal, la miss joue à fond avec l’imagerie patriotique américaine : l’hymne national, les blue-jeans, le Moutain Dew… Subtilité zéro. Pour ce qui est de sa voix étrange et grave, que l’on rêverait d’entendre sur du rock ou du folk, elle ne s’accorde pas du tout avec cette pop préfabriquée sur laquelle elle place des textes bébêtes. «Ma vie goûte la cannelle depuis que je passe à la radi-o-o-o!», clame-t-elle in english, sur… Radio. Beau coup de marketing pour un disque décevant.
– Natalia Wysocka
Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt