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Isabelle Gaston à Tout le monde en parle, vraiment?

Photo: Archives Métro

J’ai eu un malaise cette fin de semaine. Un malaise que je digère encore mal, particulièrement en raison de la nature de celui-ci, car il s’articule autour d’un sujet délicat.

J’aimerais revenir sur la deuxième présence d’Isabelle Gaston dans le studio de Tout le monde en parle, dimanche dernier.

En fait, non, je n’ai pas envie d’y revenir. Mais j’ai un nœud dans l’âme et j’ai l’impression qu’un brin de blogue-o-thérapie me ferait du bien. Et c’est très égoïste de ma part de le faire, mais je crois qu’il y a matière à réflexion pour tout le monde ici.

Longue histoire courte, madame Gaston est revenue au lendemain de l’annonce d’un nouveau procès dans la triste histoire de son ex-mari et de ses deux enfants. Je vous épargne les noms et les détails.

Alors voilà, madame Gaston revient et, dans le fond et la forme, creuse à la pioche dans ses souvenirs sombres pour nous expliquer sa démarche.

C’est noble et informatif, aucun doute là-dessus. Mais doit-on le faire quand même? Où est la ligne entre l’information et la curiosité morbide?

Mon malaise, c’était de voir une femme d’une bravoure inouïe devoir revivre l’impensable. Une femme qui exprime le désir de se refaire une vie, une famille et, surtout, une perspective sur la vie. Une femme qui me déchire de l’intérieur en tant que père qui «fait son possible» au quotidien et, surtout, une femme au bord des larmes qui n’a probablement plus envie de se battre.

Je spécule et je ne connais aucunement madame Gaston. J’admire son courage et je lui lève mon chapeau, là est l’essentiel de notre «relation». Cependant, mon écran de télé m’a projeté une image indélébile dimanche: celle d’une femme meurtrie. À force de chercher qui pointer avec mon index tremblotant, j’ai réalisé que j’aurais préféré savoir madame Gaston loin, avec elle-même, à se bâtir du bonheur dans les limites du possible vu les circonstances.

Et par loin, je veux dire loin des caméras. Loin des journalistes. Bref, loin de Tout le monde en parle.

Je ne veux pas m’acharner sur le rendez-vous de Guy A. Lepage et de son équipe. Je le considère encore comme utile à notre télévision et intéressant dans la mesure où il ratisse large et vulgarise relativement bien les évènements complexes qui nous entourent.

Sauf que le drame de madame Gaston ne se vulgarise pas.

Peut-être que la paternité me sensibilise un peu plus que je ne le voudrais, mais j’ai trouvé l’invitation et l’entrevue déplacée, et ce, malgré ce que je suppose être un lot de bonnes intentions de la part de monsieur Lepage.

Bonnes intentions, bonne démarche… mais un manque de distance à mon avis.

Laissons justice se faire et avocats se tirailler dans le silence médiatique. C’est du moins ce que je souhaiterais.

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