Les Francs-tireurs: dans le mille avec Lise Dion
Mercredi soir, les Francs-tireurs nous ont servi un de leurs bons coups de la saison en rencontrant Lise Dion dans leur studio «chalet champêtre» de Verdun.
Richard Martineau, à la barre de l’entrevue, a guidé l’humoriste vers les racoins plus sombres de son passé et les passages plus épineux de sa vie et de sa carrière. En bon québécois, c’était du bel ouvrage de la part de Martineau, qui n’est pas forcément le plus aimé des journalistes par les temps qui courent. Polémiques et convictions mises de côté, pour un instant, chapeau Martineau sur ce coup-ci.
Loin des numéros de galas, Dion est revenue sur ses épisodes suicidaires, sa jeunesse trouble, l’intimidation qu’elle a vécue à l’école, ses relations familiales complexes et d’autres maux qui ont hanté sa tête à un moment ou à un autre de sa vie.
Dans un univers respectueux et complice, Martineau a écouté Dion en plus de la relancer avec les bonnes questions aux bons moments. On sentait par endroits quelques astuces de montage, mais somme toute, la rencontre est une porte ouverte sur l’intimité d’une artiste que l’on connaît bien peu en dehors de la scène.
Sans me compter parmi ses fans, Lise Dion est certainement venue chercher mon respect avec sa vision posée et lucide sur des drames qui l’ont affligée et qui nous rejoignent grâce à son partage sans filtre.
L’humoriste semble en paix avec son passé, aussi trouble soit-il, et sa voix résonnera sûrement auprès des jeunes qui vivent une détresse similaire dans l’immédiat. La voir ainsi candide représente certainement une lumière au bout du tunnel pour plusieurs malheureux.
Bref, une belle surprise de la part de Télé-Québec que cette entrevue à cœur ouvert. Le ton n’y était jamais spécialement lourd ni surchargé d’émotions imposées. Lise Dion était d’un naturel désarmant et Richard Martineau surfait sur la vague de son invité. TVA et passagers de train de ce monde, on prend des notes, l’émotion s’exprime encore mieux dans la simplicité.
Un coup en plein dans le mille pour une émission qui ne prend pas une ride malgré ses 15 ans à l’antenne.
Allez y jeter un œil, ne serait-ce que pour voir une version très familière d’une humoriste. Sacres et régionalismes en prime.