Les autoportraits en 3D: la nouvelle étape des selfies
Si vous n’étiez pas encore assez obsédé par votre image, Lorna Barnshaw, une étudiante en arts, pousse plus loin le culte de la personnalité. Avec son projet «Replicants», la Britannique reproduit son image grandeur nature à l’aide des scanneurs les plus évolués et d’une imprimante 3D.
J’ai lu que vous vouliez recréer la réalité. À quel point avez-vous réussi?
Pas tant que ça, parce que les scanneurs créent des défauts. Alors le projet raconte davantage les avancées de la technologie et ses limites actuelles. J’ai essayé de me retirer et laisser les machines faire le travail, mais elles avaient des difficultés de temps à autre. Par exemple, elles n’arrivaient pas à faire le derrière de la tête correctement.
J’ai essayé toutes les options disponibles, mais on ne peut pas recréer la lumière naturelle. Les visages semblent donc froids et sans vie. Sur les photographies, on peut voir les émotions dans un environnement réel. D’une certaine façon, c’est ce qui arrive quand nous nous adaptons et intégrons la technologie dans nos vies.
Qu’est-ce que ça nous dit sur l’immersion humaine dans la technologie?
L’immersion est de plus en plus grande, on peut le constater avec les parties du corps qu’on imprime en 3D et la réalité augmentée. C’est à la fois excitant et effrayant, parce qu’il y a un grand potentiel, mais la technologie a aussi des défauts. Nous essayons toujours de perfectionner la technologie, mais nous ne sommes jamais satisfaits.
Est-ce que la prolifération des «selfies» nous prouve que nous ne sommes que des narcissistes désespérés?
Je crois que c’est un reflet de notre besoin de documenter tous les aspects de la vie. Et ça nous donne une apparence de contrôle. Nous créons des miroirs partout où nous allons.
Quel usage trouverez-vous pour votre réplique?
Je suis sûre qu’il pourrait me servir d’un bon alibi!

