Critiques CD: Alejandra Ribera, Warpaint, Monogrenade…
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Alejandra Ribera, Li’l Andy, Warpaint, Monogrenade, A Great Big World et Patrice Michaud.
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Richesse Alejandra Ribera La Boca Note: |
Ce qui frappe d’abord, bien sûr, c’est la voix. La voix chaude, vibrante, profonde d’Alejandra Ribera, qui chante en français, en anglais et en espagnol, évoquant tantôt une Lhasa – la comparaison a souvent été faite –, tantôt une Lou Doillon. Mais La Boca, deuxième album de la chanteuse après un premier opus autoproduit, bénéficie tout autant de la richesse des arrangements signés avec goût par le talentueux Jean Massicotte (Lhasa, Pierre Lapointe). Deux coups de cœur : la reprise, langoureuse et étonnante, de l’archiconnue 500 Miles des Proclaimers; et le magnifique duo avec Arthur H, Un cygne la nuit. Un disque plein d’émotion, qui n’en fait jamais trop.
– Jessica Émond-Ferrat
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Sexy country Li’l Andy While the Engine Burns Note: |
Le musicien country Li’l Andy nous offre une quatrième œuvre splendide. Avec sa voix grave et sexy (il faut le dire!), le chanteur originaire de Wakefield, résidant à Montréal, nous emmène dans un country tout en douceur et en rythme soft. Pour son nouvel opus, il s’est entouré de bons musiciens, notamment Joe Grasse (guitariste de Marie-Pierre Arthur) et Warren C. Spicer (Plants & Animals). On craque particulièrement pour les derniers morceaux, And the Rains Come Down, Gasoline et On the Long and Lonely Ride. C’est en quelque sorte un Jack Johnson du country… Ça s’écoute tout naturellement, c’est délicieux.
– Daphnée Hacker-B.
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Plus, plus, plus Warpaint Warpaint Note: |
Les quatre filles de Warpaint sont de retour avec un deuxième album qu’elles ont réalisé conjointement avec Flood. La bande de L.A. propose ici un microsillon qui s’insinue et se faufile en nous, pour ne plus se faire oublier. Sonorités poéticolugubres, spectrales, appesanties par la basse de Jenny Lee Lindberg, rendues aériennes par la voix d’Emily Camille Kokal, enrobées dans une couche noisy… Par brefs instants, on pense à Beach House. Puis on pense à Warpaint. Si la plupart risquent d’accrocher d’abord sur Love Is to Die, notons qu’il y a des belles pièces à la pelle sur cette offrande, dont Hi et CC, avec sa répétition de «give me more, give me more», paroles qui résument bien ce qu’on pense une fois que le disque a fini de tourner dans le lecteur.
– Natalia Wysocka
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Caramel sonore Monogranade Composite Note: |
La voix soyeuse de Jean-Michel Pigeon – qui a son nom sur la production de presque tous les éléments de l’album – a toujours un effet aussi puissant. À l’écoute de sa voix caramélisée, on aimerait pouvoir la garder à portée de main pour les moments où on a besoin de réconfort. Ajoutez à cela un ensemble d’instruments – violon, violoncelle, piano, guitare, entre autres – qui donnent une profondeur envoûtante aux pièces de l’album. Un album rythmé, sans longueurs et varié. Les écoutes se répéteront avec plaisir. La formule gagnante et riche de Monogrenade est toujours aussi efficace et appropriée. Elle s’est même peaufinée et approfondie depuis son premier succès, Ce soir, en 2009.
– Laurence Houde-Roy
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Plaisant A Great Big World Is Anybody Out There? Note: |
Ce premier album de ce duo new-yorkais formé de Ian Axel et de Chad Vaccarino rappelle étrangement le premier disque de Mika, Life in Cartoon Motion (2007). Tout d’abord, le piano est au centre de presque toutes les pièces. Les mélodies, dans une sauce pop convenue, sont toutes accrocheuses dès la première écoute. Puis le chanteur principal utilise sa voix de tête régulièrement… Cela dit, les voix ne sont pas aussi agréables que celle de Mika et peuvent en déranger plus d’un. Sur ce plan, il ne faut pas se fier à la ballade à succès du duo (avec Christina Aguilera), qui est chantée avec retenue. Malgré ce fait, l’album dans son ensemble est plutôt plaisant et donne le goût d’y retourner.
– Eric Aussant
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Belle découverte Patrice Michaud Le feu de chaque jour Note: |
Le premier album folk-rock du Gaspésien (il vient de Cap-Chat) Patrice Michaud, Le triangle des Bermudes, n’a pas fait beaucoup de bruit malgré ses grandes qualités. Plus rock que son prédécesseur (mais toujours un peu folk), Le feu de chaque jour risque de faire sa marque dans le paysage musical québécois. L’auteur-compositeur-interprète rehausse les standards d’écriture par sa plume riche, imagée et poétique. Sa musique est tantôt enjouée (Mécaniques générales, Des cowboys, des indiens, Le crash du Concorde), tantôt apaisante (Loin de Disneyland, Deux lignes rouges). Il tente même le slam avec la très réussie La faille de San Andreas. Avis aux intéressés : il sera au Club Soda le 10 avril.
– Rachelle Mc Duff





