Critiques CD: The Autumn Defense, Moriarty, PyPy, Serge Fiori…
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de The Autumn Defense, Moriarty, PyPy, Serge Fiori, Beck et Sila.
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Top qualité The Autumn Defense Fifth Note: |
Cinquième album de ce duo formé des multi-instrumentistes du groupe Wilco, John Stirratt et Patrick Sansone. La musique de The Autumn Defense est pop-rock, tout en douceur, teintée de folk et de country. Il est indéniable que le duo est influencé par les Beatles, ça s’entend dans les arrangements et dans les mélodies; cet album aurait très bien pu paraître dans les années 1960-70, mais il demeure tout à fait contemporain, surtout par sa réalisation top qualité. Fifth s’écoute tout seul, du début à la fin. Toutes les chansons sont des vers d’oreille potentiels et pourraient facilement tourner à la radio. Moments forts: la magnifique Can’t Love Anyone Else, l’accrocheuse I Can See your Face et l’ensoleillée August Song.
– Eric Aussant
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Far Far West Moriarty Fugitives Note: |
Pour son troisième album, le groupe franco-américain Moriarty nous offre un délicieux country-folk américain. La variété des instruments utilisés est impressionnante, mais on craque particulièrement pour la présence de guimbarde (Little Sadie), qui nous plonge loin dans le Far West. Avec une panoplie de collaborations intéressantes, comme Rosemary Standley (Pretty Boy Floyd) et Mama Rosin (Matin pas en mai), on ne peut que se délecter de chacun des 12 morceaux, qui sont en fait des reprises du vieux folk américain et qui abordent les thèmes de la fuite, de la prison, des femmes ou encore des hors-la-loi (Buffalo Skinners). On en prendrait encore plus.
-Daphnée Hacker-B.
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Bien lourd PyPy Pagan Day Note: |
Le premier album du groupe PyPy, Pagan Day, a été enregistré rapidement et en toute liberté. Ça s’entend et ça se sent. Le sentiment d’urgence est omniprésent. Les sept (ou huit?) pièces défilent à la vitesse de l’éclair. La formation montréalaise offre du rock psychédélique, du punk et de la pop un peu sale, le tout complété par la voix, absolument parfaite pour ce projet, d’Annie-Claude Deschênes. Too Much Cocaine et Ya Ya Ya/Psychedelic Overlords, entre autres, décoiffent drôlement. Même si l’énergie est toujours au rendez-vous, PyPy nous laisse reprendre notre souffle avec des chansons comme Molly – probablement la plus accessible de l’album – et Daffodils.
– Mathieu Horth-Gagné
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Ça fait du bien Serge Fiori Serge Fiori Note: |
Le simple fait que cet album ait vu le jour représente un petit miracle. Il y a, bien sûr, un plaisir nostalgique à retrouver, après des décennies, cette voix et ces guitares qui ont fait époque. Mais de savoir que Fiori a su dompter, l’espace d’un instant, les démons qui le confinaient au silence, ça fait du bien. Tant sur les pièces d’ouverture, mordantes et cyniques (Le monde est virtuel, Crampe au cerveau) que dans ses intro-spections éthérées (Laisse-moi partir), Serge Fiori affiche une forme rafraîchissante. Et malgré les années, l’artiste sonne bien de son temps, moderne. Là où le temps, toujours lui, a fait son œuvre, c’est dans le côté presque trop «adulte» et méditatif de certaines chansons. Le rythme tombe parfois à plat; on cherche la fougue, la twist.
– Maxime Huard
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Phase matinale Beck Morning Phase Note: |
À l’antithèse d’un Odelay ou d’un Modern Guilt, le 12e bébé de Beck est un disque tout en douceur, qui baigne dans une mélancolie romantique de peine d’amour et se décline en ambiances rêveuses, alanguies. Placé dans la continuité de Sea Change, Morning Phase coule, berce, sans jamais secouer… ni stupéfier. Avec ses sonorités psychédéliques doublées d’un relent de bande-son de science-fiction spatiale, la pièce-fleuve Unforgiven s’étire. En milieu de parcours, Wave et son intro de violons créent une scission. C’est enfin avec Blackbird Chain que le fan du bidouilleur californien trouvera son compte. Un album qui s’apprivoise lentement, pour peu qu’on lui en laisse la chance.
– Natalia Wysocka
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Flou artistique Sila Super African Note: |
Nous nous pensions en classe affaires dès la première chanson de Super African: les trompettes soufflaient le funk, les guitares guidaient la soul, et que le voyage s’annonçait beau! Deux chansons plus loin, nous comprenions hélas que l’avion n’aurait jamais assez de gaz pour nous amener jusqu’à la terre promise. Cet album cherche son équilibre entre des chansons à écouter lové devant le foyer et des petites bombes dansantes rafraîchissantes comme l’été. Ô malheur! Il ne le trouve jamais. Saluons tout de même le beau projet derrière Super African, soit une BD du même nom qui cherche à donner à l’Afrique noire le premier superhéros de sa couleur. Un conseil: privilégiez le comic plutôt que le disque.
– Sébastien Tanguay





